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Zone industrielle de la Dibamba : La panne électrique contraint les entreprises à recourir aux groupes électrogènes

La Rédaction27 août 2026Mis à jour le 27 août 2026Temps de lecture 3 min
Zone industrielle de la Dibamba : La panne électrique contraint les entreprises à recourir aux groupes électrogènes
L'ECONOMIE

Depuis deux semaines, la zone industrielle de Dibamba fonctionne sans alimentation du réseau électrique. Les entreprises ont recours à leurs groupes électrogènes pour maintenir leurs activités, avec des surcoûts de carburant pouvant atteindre 400 000 FCFA par jour pour certaines d’entre elles.

La zone industrielle de la Dibamba tourne depuis près de deux semaines au rythme des groupes électrogènes. Faute d’alimentation électrique du réseau, les entreprises implantées sur ce site doivent financer, elles-mêmes, leur production d’électricité, avec pour première conséquence une hausse immédiate de leurs charges d’exploitation.

Selon plusieurs industriels rencontrés sur place, le surcoût quotidien lié au carburant peut atteindre 400 000 FCFA pour certaines unités. Une dépense qui vient s’ajouter aux coûts habituels de production, alors même que les entreprises continuent de supporter leurs charges liées à leur abonnement électrique.

Dans une savonnerie qui emploie environ 300 personnes, deux groupes électrogènes sont alternativement mobilisés, l’un pour la chaîne de production, l’autre pour les bureaux. La consommation de gasoil peut dépasser 350 000 FCFA par jour, selon le responsable de production.

L’impact ne se limite pas à la facture énergétique. Dans une unité de transformation du bois, la production a été réduite de moitié. Les équipements ne peuvent plus fonctionner simultanément sans risquer de dépasser les capacités des groupes disponibles, explique le contremaître de l’atelier.

La production sous contrainte

Dans les activités de services, les conséquences sont également visibles. Un hôtel de la zone a dû annuler des réservations de salles de séminaire, son gérant ne pouvant garantir la climatisation pendant les périodes de fonctionnement sur groupe.

Une boulangerie a, pour sa part, adapté son dispositif énergétique. Le four fonctionne désormais au gaz afin de réserver l’alimentation électrique disponible à la chambre froide, indique sa gérante.

Dans une agence bancaire, un responsable évoque un surcoût mensuel supérieur au budget carburant habituellement prévu pour l’année. Une concession automobile a également suspendu certains diagnostics électroniques jugés sensibles aux variations de tension, selon son chef d’atelier.

Pour ces opérateurs, le problème n’est donc plus seulement celui de la disponibilité de l’électricité. Il concerne directement la compétitivité des entreprises. Chaque journée de fonctionnement sur groupe se traduit par des dépenses supplémentaires et, dans certains cas, par une réduction des capacités de production.

Un problème qui dépasse la Dibamba

Cette situation intervient dans un contexte financier difficile pour le secteur électrique camerounais. Selon le plan de restructuration 2026-2028 du ministère de l’Eau et de l’Énergie, l’opérateur de distribution enregistre un écart mensuel moyen de 13 milliards de FCFA entre ses recettes et ses dépenses.

Le document fait état d’un taux de recouvrement de 77,5 % sur une facturation mensuelle de 40 milliards de FCFA, pour environ 31 milliards de FCFA effectivement recouvrés.

Le poids des créances dans la chaîne électrique constitue ainsi l’un des principaux facteurs de tension financière du secteur. Les états financiers 2025 de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) font apparaître une dette de 273 milliards de FCFA de l’opérateur de distribution à son égard. À cette somme s’ajoutent environ 40,46 milliards de FCFA d’impayés provenant d’autres producteurs et gros consommateurs. Alucam, principal producteur national d’aluminium, figure notamment parmi les principaux débiteurs, avec 13,5 milliards de FCFA d’arriérés.

À la Dibamba, cette fragilité financière du système électrique se traduit concrètement par un transfert de charges vers les entreprises. Lorsque le réseau ne fournit plus l’énergie nécessaire à leurs activités, les opérateurs doivent prendre le relais sur leurs propres ressources.

Le recours aux groupes électrogènes permet de maintenir les chaînes de production, mais à un coût nettement supérieur à celui d’une alimentation électrique normale. À cela s’ajoutent l’entretien des équipements, les risques de panne et les pertes de productivité liées à une capacité de production limitée.

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Tags :Actualité du CamerounCamerounPanne d'électricitéZone industrielle de la Dibamba
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