Cameroun : Cybastion veut construire un data center IA et une centrale électrique à Douala

L’entreprise américaine Cybastion annonce un investissement de 45 milliards de FCFA pour développer à Douala un centre de données dédié à l’intelligence artificielle, associé à une centrale électrique destinée à son alimentation. Le projet, présenté le 27 août à Yaoundé, reste à préciser sur plusieurs aspects, notamment son site, son calendrier et son montage financier.
Cybastion veut renforcer les infrastructures numériques du Cameroun. L’entreprise américaine, basée en Virginie, a annoncé le 27 août 2026 à Yaoundé, un investissement de 75 millions de dollars, soit environ 45 milliards de FCFA, pour construire à Douala un data center dédié à l’intelligence artificielle, accompagné d’une centrale électrique destinée à assurer son alimentation.
L’annonce intervient dans le cadre du premier Dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis. Elle constitue une nouvelle incursion de Cybastion sur le marché camerounais, alors que l’entreprise s’est déjà développée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Fondée en 2019 par Thierry Wandji, expert américain en cybersécurité d’origine camerounaise et ancien cadre du Naval Air Systems Command, Cybastion intervient notamment dans les domaines de la cybersécurité, de la transformation numérique et des infrastructures technologiques. L’entreprise revendique des collaborations avec les agences nationales de cybersécurité du Bénin, du Burkina Faso, du Niger et de la Côte d’Ivoire.
En Côte d’Ivoire, son portefeuille annoncé en août 2026 atteint 170 millions de dollars et comprend notamment un data center souverain, une plateforme de digitalisation gouvernementale et des infrastructures de surveillance frontalière. Ces projets bénéficient du soutien de l’Export-Import Bank des États-Unis. Le projet annoncé au Cameroun constitue toutefois une nouvelle opération, dont les contours restent encore peu détaillés.
Une infrastructure confrontée à la question énergétique
L’association d’un data center et d’une centrale électrique prend une dimension particulière dans le contexte énergétique de Douala. La capitale économique fait face depuis plusieurs années à des tensions sur son approvisionnement en électricité.
En juin 2026, le retrait de 304 MW par le producteur Globeleq avait notamment aggravé les délestages dans le Littoral. Les difficultés liées à la disponibilité de la production, au déficit hydrologique et aux contraintes du corridor de transport Édéa-Douala continuent de peser sur l’équilibre du système électrique.
Pour une infrastructure informatique fortement consommatrice d’électricité, la disponibilité permanente de l’énergie constitue un enjeu déterminant. Le choix d’associer au projet une capacité de production dédiée peut ainsi répondre à une exigence de continuité de service propre aux data centers, dont les équipements doivent fonctionner sans interruption.
L’initiative intervient également alors que le Cameroun cherche à structurer son écosystème national autour de l’intelligence artificielle. Le pays a lancé en juillet 2025 sa Stratégie nationale d’intelligence artificielle, qui prévoit notamment la formation de 60 000 talents à l’horizon 2040.
Le Cameroun dispose par ailleurs du data center de Zamengoé, construit par l’opérateur public Camtel et présenté comme l’une des principales infrastructures certifiées Tier III d’Afrique centrale. La mise en œuvre de la stratégie nationale d’intelligence artificielle a également fait l’objet d’un dispositif impliquant l’opérateur local ST Digital.
Le projet annoncé par Cybastion vient donc s’inscrire dans un environnement où les infrastructures publiques et privées sont appelées à soutenir le développement des usages numériques et de l’intelligence artificielle.
À ce stade, plusieurs paramètres restent toutefois à préciser. Le communiqué annonçant les 75 millions de dollars ne donne pas de localisation précise du futur data center à Douala, ni de calendrier de construction. Il ne détaille pas non plus la capacité de la centrale électrique, la structure du financement ou les modalités de raccordement au réseau national.
L’enjeu sera désormais de voir comment cette annonce se traduira concrètement sur le terrain et quelle place cette nouvelle infrastructure occupera dans l’écosystème numérique et énergétique camerounais.
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