Entrepreneuriat : La BCEG renforce le contrôle de ses bénéficiaires de crédits

Avec 5 404 clients et 21,65 milliards de FCFA de financements mobilisés à fin juillet 2026, la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) entend renforcer le suivi de ses bénéficiaires. Cette décision intervient après l’alerte du président Brice Clotaire Oligui Nguema sur le non-respect des engagements de remboursement par certains emprunteurs.
La montée en puissance de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) s’accompagne désormais d’un enjeu de maîtrise du risque de crédit. Dans son discours du 30 août à Makokou, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a dénoncé le comportement de certains bénéficiaires des financements publics qui « refusent aujourd’hui d’honorer leurs engagements ».
Créée pour faciliter l’accès des entrepreneurs gabonais au financement, notamment à travers des conditions préférentielles, la BCEG comptait 5 404 clients à fin juillet 2026. Depuis son lancement, l’établissement a mobilisé 21,65 milliards de FCFA de financements.
Les mécanismes de soutien FAMAD et CATR constituent une composante importante de ce dispositif. Ils ont permis de mobiliser 8,9 milliards de FCFA supplémentaires en faveur des jeunes entrepreneurs, avec des taux bonifiés compris entre 4 % et 5 %. Ces conditions de financement reposent notamment sur l’intervention de mécanismes publics destinés à réduire le coût du crédit pour les bénéficiaires.
C’est précisément cette logique de financement que le chef de l’État entend préserver. « L’entrepreneuriat repose sur la confiance », a-t-il déclaré, en rappelant que cette confiance implique également le respect des engagements financiers contractés auprès des établissements de crédit.
Le président a annoncé un renforcement des mécanismes de suivi et de contrôle des bénéficiaires. « Les manquements seront sanctionnés », a-t-il prévenu, sans toutefois communiquer le montant des crédits concernés ni le taux de remboursement ou d’impayés enregistré par la BCEG.
Cette absence de données sur la qualité du portefeuille constitue un élément important pour apprécier la solidité du modèle. La BCEG évolue en effet dans un segment où le risque de crédit demeure élevé, notamment pour les petites entreprises disposant de garanties limitées. La capacité de l’établissement à recouvrer les crédits accordés conditionnera donc la pérennité des mécanismes de bonification et leur extension à de nouveaux bénéficiaires.
Avec un réseau encore concentré dans le Grand Libreville et à Port-Gentil, la banque doit ainsi concilier l’objectif d’élargissement de l’accès au financement avec une gestion rigoureuse du risque. Pour l’État gabonais, qui utilise ces mécanismes pour soutenir la création d’entreprises et diversifier l’économie, l’enjeu est également de préserver l’efficacité des ressources publiques mobilisées.
Le bilan de 21,65 milliards de FCFA de financements mobilisés traduit une montée en puissance du dispositif. La prochaine étape sera de démontrer que cette progression peut s’accompagner d’un niveau de remboursement suffisamment élevé pour assurer la continuité du modèle.
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