Gabon : L’État verse 8,1 milliards FCFA par an à 1 756 agents en abandon de poste

Le premier bilan de l’audit engagé dans la Fonction publique gabonaise révèle un taux d’irrégularité de 62 %. Après l’identification de 1 756 agents en abandon de poste en mars 2026, pour un coût salarial annuel estimé à 8,1 milliards de FCFA, le gouvernement entend renforcer le contrôle des effectifs et de la masse salariale.
Le contrôle des effectifs de la Fonction publique gabonaise fait apparaître de nouvelles irrégularités. Dans son discours prononcé le 30 août à Makokou à l’occasion de la Fête de la Libération, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a indiqué que « près de 62 % des dossiers examinés sont en situation irrégulière et attendent une décision de l’administration ».
Ce premier constat résulte d’un audit mené depuis deux mois sur un périmètre limité. Le chef de l’État a également fait état de « très nombreux cas d’abandon de poste », estimant que le niveau de dysfonctionnement observé confirme « l’urgence d’une réforme de la Fonction publique ».
Ces résultats prolongent les opérations engagées depuis la transition de 2023 pour assainir le fichier des agents publics. En mars 2026, un précédent audit avait identifié 1 756 agents en situation d’abandon de poste continuant de percevoir leur rémunération. Le coût de ces situations était alors évalué à plus de 8,1 milliards de FCFA par an.
Le phénomène n’est pas nouveau. Fin 2023, les autorités avaient placé quelque 13 000 fonctionnaires sur bons de caisse afin de vérifier leur présence effective et la régularité de leur situation administrative. L’opération avait toutefois produit des résultats limités au regard de l’objectif affiché. Seuls environ 2 000 agents n’avaient finalement pas récupéré leur bon de caisse.
Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer ces opérations de contrôle en économies durables sur la masse salariale. Le président a annoncé la poursuite de la révision du cadre statutaire des agents publics et défendu des règles d’avancement fondées sur « la compétence, le mérite, l’engagement et la qualité du service rendu ».
Cette réforme doit également s’appuyer sur la constitution d’un fichier numérique unique des agents publics, associé à un identifiant personnel. Le dispositif doit permettre de mieux contrôler les effectifs, de détecter les doublons et de limiter les dossiers fictifs ou irréguliers.
Avec une masse salariale qui constitue l’un des principaux postes de dépenses publiques, l’assainissement du fichier de la Fonction publique représente donc un enjeu budgétaire direct pour Libreville. Le principal défi sera désormais de traduire les irrégularités relevées par les audits en décisions administratives effectives et en réduction mesurable de la dépense salariale.
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