Prisons : Au Cameroun, la ration alimentaire par détenu chute à 412 FCFA par jour

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 révèle une dégradation de la situation alimentaire dans les prisons camerounaises, sur fond de forte progression de la population carcérale. L’allocation quotidienne destinée à l’alimentation d’un détenu est tombée à 412 FCFA, tandis que le taux d’occupation des établissements pénitentiaires s’établit à 177,28 %.
La pression démographique sur les prisons camerounaises se traduit aussi dans les assiettes. Le Rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) dont L’Economie a obtenu copie, fait état d’une baisse de la ration alimentaire allouée aux détenus, ramenée à 412 FCFA par jour en 2024.
Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 révèle une dégradation de la situation alimentaire dans les prisons camerounaises, sur fond de forte progression de la population carcérale. L’allocation quotidienne destinée à l’alimentation d’un détenu est tombée à 412 FCFA, tandis que le taux d’occupation des établissements pénitentiaires s’établit à 177,28 %.
La pression démographique sur les prisons camerounaises se traduit aussi dans les assiettes. Le Rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) dont L’Economie a obtenu copie, fait état d’une baisse de la ration alimentaire allouée aux détenus, ramenée à 412 FCFA par jour en 2024.
Le constat figure au paragraphe 586 du chapitre consacré à la gouvernance et au renforcement de l’État de droit. Le document établit un lien direct entre cette diminution et l’augmentation de la population carcérale. « La situation alimentaire des prisonniers s’est dégradée », relève le rapport, qui précise que le montant de la ration était de 412 FCFA en 2024, « en raison du flux enregistré dans la population carcérale », laquelle atteignait 36 836 détenus au 31 décembre 2024.
Cette contraction de l’allocation alimentaire n’est pas sans conséquence sur les conditions de détention. Le rapport souligne qu’elle contribue à la « dégradation de la qualité de vie des personnes incarcérées », notamment de leur état nutritionnel, avec une augmentation des carences alimentaires au sein de la population carcérale.
Une population carcérale en forte progression
La baisse de la ration intervient alors que les établissements pénitentiaires doivent accueillir un nombre croissant de détenus. Selon le paragraphe 587 du rapport, le taux d’occupation global des prisons est passé de 157,5 % en 2022 à 177,28 % en 2024.
L’évolution de la population carcérale illustre l’ampleur de cette pression. D’après le graphique consacré à cette évolution, établi à partir des données du ministère de la Justice, le nombre de détenus est passé de 19 455 en 2021 à 20 955 en 2022 et 2023, avant d’atteindre 36 836 à fin 2024.
La progression de la population carcérale a ainsi largement absorbé les capacités supplémentaires mises à disposition par les pouvoirs publics. Le rapport indique que l’offre de places a augmenté de 1 500 places entre 2021 et 2022, notamment avec l’opérationnalisation de la prison centrale de Douala-Ngoma.
Des investissements qui ne suffisent pas à absorber la pression
Le gouvernement a engagé plusieurs opérations pour améliorer les capacités et les conditions de détention. Le rapport mentionne notamment la construction de la prison centrale de Douala Ngoma et de la prison de Bengbis, ainsi que la réhabilitation de plusieurs établissements à Tcholliré II, Djoum, Monatélé, Bafia, Yaoundé, Mfou, Ntui, Buéa et Ngoumou.
Des investissements ont également porté sur les infrastructures sanitaires et l’accès à l’eau, avec notamment la construction de deux infirmeries et d’un forage à Ambam.
Ces efforts n’ont toutefois pas permis d’enrayer le déséquilibre entre les capacités d’accueil et le nombre de personnes incarcérées. La progression de la population carcérale a mécaniquement accru la pression sur les ressources consacrées à leur prise en charge, notamment l’alimentation.
Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question des conditions matérielles de détention. Le même chapitre de la SND30 fait état d’un taux d’exécution des décisions de justice de 38,57 % en 2024 et d’un délai moyen de traitement des affaires de 21 mois.
À travers ces indicateurs, le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 met en évidence un système pénitentiaire confronté à une double contrainte : l’augmentation rapide du nombre de détenus et une capacité d’accueil qui peine à suivre. La ration alimentaire ramenée à 412 FCFA par jour et par détenu en constitue l’un des indicateurs les plus concrets.
Contenu réservé aux abonnés Premium
Lisez la suite de cet article
Rejoignez les abonnés de L'Economieet accédez à l'intégralité des articles, analyses exclusives, archives et magazines numériques.
Déjà abonné ? Connectez-vous
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





