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Importations alimentaires : Le Cameroun réduit de 17 % ses achats, tirés par le recul du riz et du maïs  

17 août 2026Mis à jour le 17 août 2026Temps de lecture 3 min
Importations alimentaires : Le Cameroun réduit de 17 % ses achats, tirés par le recul du riz et du maïs  
L'ECONOMIE

Au premier trimestre 2026, la valeur des importations alimentaires du Cameroun est passée de 65 à 54 milliards de FCFA, soit une baisse de 17 % en un an. Cette contraction est notamment portée par le recul des achats de maïs, en baisse de 85 %, et de riz, sous l’effet combiné de la production locale, de la hausse des droits de douane et de facteurs extérieurs.

Le Cameroun commence à enregistrer les premiers effets de sa volonté de réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), publiées le 7 août 2026, la valeur des importations de produits alimentaires est passée de 65 milliards de FCFA au premier trimestre 2025 à 54 milliards de FCFA sur la même période en 2026. Soit une baisse de 11 milliards de FCFA, correspondant à une contraction d’environ 17 %.

Cette évolution est notamment portée par le recul des achats de riz et de maïs à l’étranger. Mais derrière cette baisse se dessine une équation plus complexe pour les autorités. La réduction des importations ne signifie pas nécessairement une diminution durable des besoins du marché. Elle peut aussi accroître la pression sur l’offre locale lorsque la production ne permet pas de compenser suffisamment les volumes importés.

Le maïs, principal point de rupture

Le mouvement est particulièrement spectaculaire pour le maïs. D’après l’INS, la valeur des importations est passée de 3,9 milliards de FCFA au premier trimestre 2025 à environ 600 millions de FCFA sur la même période en 2026. En un an, les achats extérieurs ont ainsi diminué de près de 85 %.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. L’INS relève notamment le renchérissement du transport maritime, qui a réduit l’attractivité économique de certaines importations. La disponibilité accrue du maïs sur le marché camerounais aurait également été favorisée par le ralentissement des exportations informelles vers le Nigeria.

Cette forte contraction des importations n’est toutefois pas sans risque. L’Institut estime qu’elle pourrait réduire les marges de sécurité du marché et, en cas d’insuffisance de l’offre locale, provoquer des tensions sur les disponibilités ou les prix.

Le riz sous l’effet des droits de douane

Le recul des importations de riz obéit à une combinaison de facteurs. L’INS l’attribue notamment à l’augmentation des superficies cultivées au Cameroun depuis 2024 et au relèvement des droits de douane.

Les prélèvements douaniers ont ainsi été relevés de 5 % pour le riz ordinaire et de 20 % pour les catégories présentées comme riz de luxe. Cette évolution renchérit mécaniquement le coût d’entrée des produits importés et renforce, en théorie, la compétitivité relative de la production locale.

Le marché du riz est également influencé par des facteurs extérieurs au Cameroun. L’INS cite les restrictions appliquées à certaines importations en provenance de pays situés hors de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la dépréciation du naira ainsi que les mesures de soutien mises en œuvre en faveur de la production agricole au Nigeria.

Une baisse des importations à confirmer

La contraction observée au premier trimestre 2026 constitue un signal favorable pour la stratégie de réduction de la dépendance alimentaire portée par la SND30. Mais sa portée devra être appréciée dans la durée.

La question centrale sera désormais de savoir si le recul des importations traduit une substitution durable par la production camerounaise ou s’il résulte principalement d’un ensemble de facteurs conjoncturels, commerciaux et logistiques.

Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est donc double. Réduire les sorties de devises liées aux importations alimentaires tout en garantissant un niveau d’approvisionnement suffisant pour éviter que la baisse des achats extérieurs ne se traduise, à terme, par une tension sur les prix.

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Tags :Importations alimentairesmaïsRiz
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