Sosucam : Les défis industriels et financiers qui attendent les repreneurs

Après avoir conclu, le 13 août 2026, un accord avec un consortium d’investisseurs camerounais pour la cession de sa participation majoritaire dans la Société sucrière du Cameroun, Somdia transmet une entreprise confrontée à de lourds besoins de financement et de modernisation. Les futurs actionnaires devront notamment remettre à niveau l’outil industriel, redresser les comptes et sécuriser la prochaine campagne sucrière.
Filiale du groupe Castel, Somdia concrétise son désengagement de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Annoncée depuis plusieurs mois, la cession de sa participation majoritaire, supérieure à 80 %, a franchi une nouvelle étape avec la signature, le 13 août, d’un accord avec un consortium d’investisseurs camerounais.
Après avoir conclu, le 13 août 2026, un accord avec un consortium d’investisseurs camerounais pour la cession de sa participation majoritaire dans la Société sucrière du Cameroun, Somdia transmet une entreprise confrontée à de lourds besoins de financement et de modernisation. Les futurs actionnaires devront notamment remettre à niveau l’outil industriel, redresser les comptes et sécuriser la prochaine campagne sucrière.
Filiale du groupe Castel, Somdia concrétise son désengagement de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Annoncée depuis plusieurs mois, la cession de sa participation majoritaire, supérieure à 80 %, a franchi une nouvelle étape avec la signature, le 13 août, d’un accord avec un consortium d’investisseurs camerounais.
Le groupe d’investisseurs devra désormais reprendre les commandes de la principale entreprise sucrière du pays et s’attaquer à une équation particulièrement exigeante, à la fois industrielle, financière et sociale.
Parmi les membres du consortium figure Joseph Pagop Noupoué, avocat et investisseur présent notamment dans l’agro-industrie, à travers des activités liées à la transformation des produits du palmier à huile et à l’élevage. Administrateur de Savannah Energy, il connaît déjà l’environnement de la Sosucam et de Somdia, avec lesquels il a précédemment collaboré.
Il est également présenté comme l’un des principaux artisans de la constitution du consortium. Celui-ci comprend notamment Henriette Noutchougouin, active dans les secteurs de la sécurité alimentaire et des chaînes de valeur avicoles à travers le groupe NJS, ainsi que Marcel Tchagongom, expert-comptable, président du conseil d’administration de NJS et administrateur d’AFG Cameroun. Le consortium compte également William Nkontchou, ingénieur, financier et banquier, qui dirige Africa Financial Institutions Investment Platform (Afiip).
Une reprise inspirée de l’expérience sénégalaise
La signature de l’accord ne constitue que le début de l’opération. Le principal enjeu sera désormais de redresser durablement la Sosucam et de restaurer sa capacité de production. Un programme d’investissement évalué à près de 138 milliards de FCFA doit être déployé sur plusieurs années, avec notamment la modernisation de l’outil industriel parmi les priorités. L’effort financier attendu illustre l’ampleur du chantier qui attend les nouveaux actionnaires.
Selon Jeune Afrique, la Sosucam cumulerait par ailleurs une dette de 106 milliards de FCFA et des pertes de 91 milliards de FCFA sur les quatre dernières années. Le redressement de l’entreprise nécessitera donc à la fois des capitaux, une nouvelle stratégie industrielle et une amélioration des performances opérationnelles.
Pour conduire cette transformation, Joseph Pagop Noupoué s’est notamment appuyé sur Igor Djoukwe Nguedjio, présenté comme un professionnel disposant d’une expérience dans l’industrie sucrière et ayant dirigé la Compagnie sucrière du Sénégal (CSS). L’expérience sénégalaise pourrait ainsi servir de référence dans la nouvelle trajectoire envisagée pour la Sosucam.
La campagne 2026-2027 déjà en ligne de mire
Au-delà du redressement financier et de la modernisation des infrastructures, les nouveaux propriétaires devront rapidement se confronter à une échéance opérationnelle majeure. La prochaine campagne sucrière 2026-2027 doit démarrer dans environ trois mois.
Le calendrier impose donc aux repreneurs d’agir rapidement. La continuité de la production, l’approvisionnement du marché et le maintien de l’activité agricole constituent des enjeux immédiats pour la nouvelle gouvernance.
La Sosucam occupe en effet une place importante dans l’économie camerounaise, notamment par les emplois générés dans ses plantations et ses unités industrielles. Son activité concerne également un produit de grande consommation dont la disponibilité régulière sur le marché constitue un enjeu pour l’approvisionnement du pays.
Pour le consortium, le défi ne sera donc pas seulement de réussir une opération de reprise. Il s’agira de transformer une entreprise lourdement endettée et confrontée à d’importants besoins d’investissement en un outil industriel capable de retrouver durablement sa performance.
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