AGOA : Le Cameroun reste à l’écart de la relance du dispositif américain

Alors que Washington prépare la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act au-delà de 2026, le Cameroun ne figure toujours pas parmi les pays bénéficiaires. Exclu du régime préférentiel depuis 2020, le pays reste confronté à un préalable américain qui dépasse les seuls enjeux commerciaux, tandis que ses concurrents africains pourraient continuer à bénéficier d’un accès sans droits de douane au marché américain.
Le Cameroun devra encore patienter avant de retrouver les avantages commerciaux de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Alors que les États-Unis travaillent à la prolongation de ce dispositif, le pays ne figure toujours pas parmi les bénéficiaires.
Alors que Washington prépare la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act au-delà de 2026, le Cameroun ne figure toujours pas parmi les pays bénéficiaires. Exclu du régime préférentiel depuis 2020, le pays reste confronté à un préalable américain qui dépasse les seuls enjeux commerciaux, tandis que ses concurrents africains pourraient continuer à bénéficier d’un accès sans droits de douane au marché américain.
Le Cameroun devra encore patienter avant de retrouver les avantages commerciaux de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Alors que les États-Unis travaillent à la prolongation de ce dispositif, le pays ne figure toujours pas parmi les bénéficiaires.
Pour 2026, l’Office of the United States Trade Representative (USTR) a recensé 33 pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’AGOA. Le Cameroun figure dans la liste des pays qui n’ont pas été désignés comme bénéficiaires.
Cette situation intervient alors que Washington prépare l’avenir du programme. En février 2026, l’administration américaine avait déjà obtenu une réautorisation de l’AGOA jusqu’au 31 décembre 2026, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, avait alors indiqué que l’administration souhaitait moderniser le dispositif afin qu’il génère davantage d’accès au marché pour les entreprises américaines.
Le Cameroun toujours hors de la liste
Le maintien du Cameroun à l’écart n’est pas nouveau. Donald Trump avait décidé, en 2019, de mettre fin à son statut de bénéficiaire de l’AGOA à compter du 1er janvier 2020. La décision américaine invoquait notamment des violations des droits humains attribuées aux forces de sécurité camerounaises dans le contexte de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Depuis, le pays n’a pas retrouvé son statut. Les critères d’éligibilité de l’AGOA portent notamment sur l’État de droit, le pluralisme politique, les droits humains, la lutte contre la corruption, les droits des travailleurs ainsi que la suppression des obstacles au commerce et à l’investissement américains.
En juin 2026, l’USTR a d’ailleurs lancé sa revue annuelle de l’éligibilité des pays africains pour 2027. Cette procédure permet notamment d’examiner les pays qui bénéficient déjà du dispositif et ceux qui, comme le Cameroun, pourraient être désignés comme bénéficiaires.
Le retour dans le dispositif reste donc possible, mais il dépend d’une nouvelle désignation américaine.
Un avantage commercial qui reste stratégique
Créé en 2000, l’AGOA offre aux pays éligibles un accès préférentiel au marché américain pour plus de 1 800 produits, sous réserve du respect des conditions prévues par le dispositif.
Pour les économies africaines, cet accès constitue un levier pour développer les exportations, attirer les investissements et intégrer davantage les entreprises locales aux chaînes de valeur internationales.
Pour le Cameroun, l’absence de ce régime prive notamment les exportateurs locaux d’un avantage tarifaire dont bénéficient plusieurs économies concurrentes. L’enjeu est particulièrement important pour les filières susceptibles de développer des débouchés sur le marché américain.
Mais la nouvelle configuration de l’AGOA pourrait également modifier les conditions de son éventuel retour. Washington souhaite désormais que le dispositif produise davantage de bénéfices pour les entreprises et producteurs américains. L’administration Trump défend ainsi un AGOA davantage orienté vers la réciprocité commerciale et l’ouverture des marchés africains aux produits américains.
La concurrence chinoise en toile de fond
Derrière la bataille autour de l’AGOA se joue également une compétition plus large pour l’influence économique en Afrique. La Chine cherche depuis plusieurs années à renforcer ses échanges commerciaux et ses investissements sur le continent.
Pour Washington, la relance du dispositif constitue donc à la fois un instrument commercial et un outil de politique économique en Afrique. Pour les pays africains, elle représente une possibilité de sécuriser leurs débouchés sur le marché américain.
Le Cameroun se retrouve ainsi face à un double enjeu. Il doit préserver ses relations commerciales avec les États-Unis tout en continuant à diversifier ses partenariats économiques.
Pour l’heure, le pays reste à l’extérieur du dispositif. La prochaine revue américaine de l’éligibilité constituera donc une nouvelle occasion de mesurer les chances d’un retour du Cameroun dans l’AGOA.
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