CEMAC : La BEAC engage la bascule vers SYSTAC 2 et prépare SYGMA V10

Après dix-neuf années d’exploitation, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) tourne la page de son ancienne plateforme de télé-compensation. Dans la foulée de l’entrée en production du SYSTAC 2, le 3 août 2026, l’institut d’émission prépare désormais la prochaine bascule avec SYGMA V10, son futur système de règlement des gros montants.
La modernisation des infrastructures de paiement de la CEMAC entre dans une nouvelle phase. Depuis le 3 août 2026, SYSTAC 2, la nouvelle plateforme régionale de télé-compensation de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), est en production dans les six pays de la communauté. Dans un communiqué publié le 12 août et signé par le gouverneur Yvon Sana Bangui, l’institut d’émission indique que la migration s’est déroulée avec les établissements participants et annonce la mise en exploitation prochaine de SYGMA V10, le nouveau système de règlement des gros montants.
SYSTAC 2 prend ainsi le relais d’un dispositif mis en service en 2007. Après près de deux décennies d’exploitation, la BEAC a engagé son remplacement pour adapter l’infrastructure régionale à l’évolution des volumes de transactions et aux nouvelles exigences des systèmes de paiement. La plateforme repose sur la norme internationale ISO 20022 et regroupe trois composantes : un système de compensation automatisée organisé autour de deux compartiments, un module de gestion des litiges et un module dédié aux paiements instantanés. Ce dernier n’est toutefois pas encore activé. La migration vers SYSTAC 2 ne correspond donc pas, à ce stade, à la mise en service de l’ensemble des fonctionnalités prévues par la nouvelle architecture.
La phase de bascule produit par ailleurs des effets sur le traitement de certaines opérations. La compensation de chèques notamment peut entraîner des délais supplémentaires avant la mise à disposition effective des fonds. Pour les entreprises, ces décalages peuvent affecter la gestion quotidienne de la trésorerie lorsque les règlements attendus conditionnent d’autres paiements.
La BEAC ne fournit pas, dans son communiqué, de données permettant de mesurer l’ampleur de ces perturbations. Elle indique néanmoins avoir pris les dispositions nécessaires pour assurer une « transition maîtrisée » et garantir « le maintien de la continuité des services financiers fournis à la communauté ».
L’autre chantier concerne les paiements de gros montant. La BEAC annonce la mise en exploitation prochaine de SYGMA V10, actuellement en cours de finalisation. Contrairement à SYSTAC 2, consacré aux opérations de détail, ce système de règlement brut en temps réel doit assurer le traitement des opérations interbancaires de gros montant. Son fonctionnement constitue un élément central de la circulation de la liquidité entre les établissements de crédit de la sous-région.
Avec SYSTAC 2 puis SYGMA V10, la BEAC poursuit donc la refonte de deux infrastructures essentielles au fonctionnement du système financier communautaire. La priorité des prochaines semaines sera désormais la stabilisation des opérations après la migration, avant l’activation des fonctionnalités encore en attente et la mise en production du nouveau système de gros montants.
La banque centrale invite, dans ce contexte, les établissements de paiement et les Trésors publics nationaux à poursuivre leur mobilisation. Une phase de consolidation qui doit permettre de sécuriser la circulation des paiements alors que l’infrastructure régionale entre dans un nouveau cycle technologique.
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