Cameroun : La contrebande fragilise les circuits commerciaux dans la région du Nord

Une campagne lancée le 16 septembre à Garoua cible les faux médicaments, boissons non certifiées et autres marchandises non conformes qui circulent dans les circuits commerciaux de la région.
Le commerce des produits non conformes préoccupe les autorités et les opérateurs économiques de la région du Nord. Faux médicaments, boissons non certifiées, bières non homologuées, vins et liqueurs frelatés ou encore produits alimentaires ne respectant pas les normes continuent d’alimenter certains circuits de distribution. À Garoua, une campagne de lutte contre la fraude et la contrebande a été lancée le 16 septembre 2026 afin de renforcer la vigilance sur l’origine et la conformité des marchandises.
La situation est notamment favorisée par la position de la région, qui constitue un espace de circulation des marchandises entre le Cameroun et les pays voisins. Les responsables locaux ont signalé l’arrivée de boissons alcoolisées non conformes par les circuits frontaliers. Les services des Douanes ont également relevé des insuffisances en matière de contrôle de qualité sur certains produits provenant de l’extérieur.
Le phénomène touche également le secteur pharmaceutique. Le 10 septembre, une cargaison de médicaments issus de circuits clandestins a été saisie au marché de Pitoa, à une quinzaine de kilomètres de Garoua. La valeur des produits interceptés est estimée à environ 20 millions de FCFA. La saisie comprenait notamment des antipaludéens, antibiotiques, anti-inflammatoires, antalgiques, pommades et produits injectables, ainsi que des produits vétérinaires et des seringues.
Un double enjeu sanitaire et économique
La circulation de ces marchandises pose d’abord un problème de santé publique. Les produits commercialisés en dehors des circuits réglementés échappent à une partie des procédures de contrôle portant sur leur origine, leur composition, leur conservation et leur conformité. Pour les médicaments, cette situation complique notamment la traçabilité et la vérification de la qualité des produits proposés aux consommateurs.
L’impact est également économique. Les marchandises introduites ou commercialisées frauduleusement échappent aux circuits de déclaration et de taxation, tout en concurrençant les entreprises qui respectent les normes et leurs obligations fiscales. Les fabricants et distributeurs de boissons figurent parmi les opérateurs directement exposés à cette concurrence.
La campagne lancée à Garoua réunit ainsi commerçants, transporteurs, opérateurs économiques et représentants des administrations concernées. Les échanges portent sur les normes applicables aux marchandises, les procédures de commercialisation ainsi que les obligations fiscales et réglementaires des acteurs de la chaîne.
Renforcer le contrôle des circuits
Au-delà de la sensibilisation, l’initiative vise à améliorer la détection des produits frauduleux et à favoriser le signalement des circuits de contrebande. Les opérateurs sont notamment invités à vérifier l’origine des marchandises et à privilégier les produits régulièrement importés, déclarés et contrôlés.
Animée par Hugues Cyriaque Kuétché, chef de mission de la campagne, la démarche entend associer les administrations et le secteur privé dans la surveillance des circuits commerciaux. La lutte contre les produits non conformes poursuit ainsi un double objectif : réduire les risques pour les consommateurs et préserver les conditions de concurrence entre opérateurs, tout en sécurisant les recettes publiques.
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