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CEMAC

CEMAC : La BEAC appelle le Congo à allonger la maturité de sa dette

Francois Gael Mbala29 juillet 2026Mis à jour le 29 juillet 2026Temps de lecture 4 min
CEMAC : La BEAC appelle le Congo à allonger la maturité de sa dette
L'ECONOMIE

Un séminaire de cinq jours réunit à Brazzaville une cinquantaine de cadres des régies financières congolaises, sous l’égide de la BEAC. La banque centrale y présente un marché régional des titres publics qui dépasse 10 000 milliards FCFA à fin mai 2026, dont près de 30 % portés par le Congo. Les travaux portent sur la coordination entre gestion de la dette et gestion de la trésorerie publique.

Le lundi 27 juillet, Paul Malié, directeur de cabinet du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public Christian Yoka, a ouvert à Brazzaville un séminaire de la mission d’assistance technique et de formation de la Banque des États de l’Afrique centrale auprès du Trésor public congolais. La cérémonie s’est tenue en présence de Serge Dino Daniel Ngassackys, directeur national de la BEAC pour le Congo, et de Hylarion Stève Ibobi Ollessongo, directeur général adjoint du Trésor, qui représentait le directeur général. Près de cinquante participants issus de la Caisse congolaise d’amortissement, du Trésor, des Impôts, de la Douane, de la BEAC et du Budget suivent ce programme jusqu’au vendredi 31 juillet.

Dans son mot d’ouverture, le directeur national de la BEAC a rappelé les chiffres du marché régional des titres publics. Au 31 mai 2026, l’encours global atteint 10 020,5 milliards FCFA, dont 2 966,3 milliards portés par le Congo, soit 29,6 % du total. Cette part place le pays au deuxième rang des émetteurs de la zone, derrière le Gabon, qui détient environ 31 % de l’encours.

Selon les données communiquées, la dette congolaise émise sur ce marché se répartit entre plusieurs catégories d’investisseurs. Les spécialistes en valeurs du Trésor en retiennent 54,08 %, les établissements de crédit non spécialistes en valeurs du Trésor 24,68 %, les investisseurs institutionnels 17,02 % et les personnes physiques 4,22 %. Cette répartition traduit, d’après le directeur national de la BEAC, une diversification progressive de la base des investisseurs. Il a toutefois pointé deux difficultés, à savoir une concentration des échéances sur le court et le moyen terme, et une progression continue du coût des ressources mobilisées, qui réduit les marges budgétaires de l’État.

Le représentant de la BEAC a situé ces constats dans une logique plus large de gestion souveraine de la dette. Il a indiqué que l’approfondissement du marché et son orientation vers le financement de l’investissement public supposent que chaque émetteur programme ses opérations selon l’horizon de la loi de finances, maîtrise les risques opérationnels, de crédit, de liquidité, de refinancement et de taux, et entretienne des échanges réguliers avec les acteurs du marché. Il a ajouté qu’un émetteur souverain doit articuler sa stratégie de dette à moyen terme avec la gestion de sa trésorerie publique, adossée à un compte unique du Trésor et à un plan annuel de trésorerie, dans le but d’atteindre des taux de souscription conformes aux attentes, de lisser les engagements, de réduire le coût des ressources levées et d’allonger la maturité moyenne du portefeuille.

Le séminaire prévoit des séances d’échanges avec des agences de notation, Moody’s et Bloomfield Investment Corporation, ainsi qu’avec le réseau des spécialistes en valeurs du Trésor. Les thèmes retenus couvrent l’organisation et l’évolution du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC, les prérequis pour des interventions efficaces du Trésor sur ce marché, la présentation de la stratégie de dette à moyen terme du Congo, les outils de planification des interventions d’un État, l’émission de titres par syndication domestique et l’analyse des conditions de marché par un émetteur souverain.

De son côté, le directeur de cabinet du ministre des Finances a présenté le programme de réformes engagé par le gouvernement congolais pour renforcer la gouvernance des finances publiques. Ce programme vise la modernisation du système de gestion des finances publiques, le renforcement de la mobilisation des recettes de l’État, l’amélioration de la traçabilité des flux financiers publics, la consolidation de la transparence budgétaire et l’accélération de la transformation numérique de l’administration financière.

Deux réformes structurent cette dynamique. La première porte sur la mise en place du compte unique du Trésor, dont la convention avec la BEAC est en cours de finalisation, et sur l’opérationnalisation progressive de la fonction bancaire du Trésor. Elle doit permettre de centraliser les disponibilités de l’État, d’améliorer la visibilité sur sa trésorerie et d’optimiser la gestion de la liquidité. La seconde concerne le déploiement du switch monétique national FOUTA, dont la phase pilote a déjà produit des résultats jugés encourageants par le gouvernement. Cet outil doit sécuriser, tracer et digitaliser l’encaissement des recettes fiscales, douanières, des recettes de services et du portefeuille de l’État, tout en facilitant les paiements des usagers.

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Tags :congo
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