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Arrêt des subventions aux carburants : Le Cameroun continue de résister au FMI

Hervé Fopa Fogang25 septembre 2026Mis à jour le 25 septembre 2026Temps de lecture 3 min
Arrêt des subventions aux carburants : Le Cameroun continue de résister au FMIPremium
L'ECONOMIE

La réforme du mécanisme de fixation des prix des carburants reste l’un des principaux points de friction entre Yaoundé et le Fonds monétaire international, qui pousse à l’instauration d’un système automatique pour limiter les risques budgétaires.

La réforme du mécanisme de fixation des prix des carburants reste l’un des principaux points de friction entre Yaoundé et le Fonds monétaire international, qui pousse à l’instauration d’un système automatique pour limiter les risques budgétaires.

Le dossier des subventions aux carburants reste ouvert entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI). Après deux relèvements des prix à la pompe en 2023 et 2024, Yaoundé n’a toujours pas adopté le mécanisme d’ajustement automatique préconisé par l’institution. Cette réforme doit permettre de rapprocher les prix administrés des coûts réels d’approvisionnement et de réduire l’exposition du budget aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole.

Le FMI considère cette évolution comme un élément important de la consolidation budgétaire. Dans son rapport sur le Cameroun publié en mars 2026, l’institution relève que le coût des subventions aux carburants est passé d’environ 4% du PIB en 2022 à moins de 1% en 2024. Elle estime toutefois que ces progrès restent insuffisants sans un mécanisme automatique de fixation des prix. La hausse des cours internationaux du pétrole peut en effet rapidement renchérir la facture supportée par l’État lorsque les prix à la pompe restent administrés.

La crainte d’un choc social

C’est précisément sur ce point que les autorités camerounaises maintiennent leurs réserves. Dans le rapport du FMI, elles reconnaissent l’intérêt d’achever la réforme, mais soulignent les conséquences politiques et sociales de fortes variations des prix des carburants. Une hausse à la pompe affecterait directement le revenu disponible des ménages, y compris ceux de la classe moyenne, alors que les dispositifs actuels de protection sociale ne permettraient pas, selon Yaoundé, d’en absorber pleinement les effets.

Cette prudence explique le maintien d’un système dans lequel l’État conserve une capacité d’intervention sur les prix. Le FMI recommande en parallèle d’élargir et de mieux cibler les filets sociaux afin d’accompagner la réforme. L’objectif serait de remplacer progressivement une subvention généralisée par des mécanismes de soutien directement orientés vers les ménages les plus vulnérables.

Une réforme déjà repoussée

Le sujet n’est pas nouveau. Dans le cadre du précédent programme avec le FMI, le Cameroun s’était engagé à réduire puis à éliminer progressivement les subventions aux carburants. Les deux hausses de prix intervenues en février 2023 et février 2024 ont permis d’en réduire sensiblement le coût. Le Fonds préconisait déjà l’introduction d’un mécanisme automatique à moyen terme.

Le passage à ce nouveau système a toutefois été retardé. Le rapport de 2026 indique que le remplacement définitif du dispositif par un mécanisme automatique avait été repoussé après l’élection de 2025. Le FMI note également qu’en 2025, la baisse des cours internationaux a ramené de fait la subvention à zéro, le prix international étant inférieur au prix administré au Cameroun.

Mais la remontée des cours internationaux rappelle la vulnérabilité du dispositif. En mars 2026, le FMI estimait que les recettes supplémentaires tirées du pétrole seraient en partie absorbées par les subventions maintenues sous le régime des prix administrés. L’institution demande donc de nouveau l’adoption d’un mécanisme automatique, assorti de mesures ciblées en faveur des ménages vulnérables.

La question des carburants s’impose ainsi comme l’un des dossiers sensibles dans les discussions sur un éventuel nouveau programme économique et financier. Pour Yaoundé, la priorité reste de préserver le pouvoir d’achat et la stabilité sociale. Pour le FMI, la réforme doit surtout réduire le risque que les variations des cours pétroliers se transforment en nouvelle pression sur les finances publiques.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMACFMIMINFI
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