Camrail : 50 millions de FCFA de réparations après une collision et six actes de vandalisme en 4 mois

C’est le bilan des atteintes aux infrastructures que dresse l’opérateur ferroviaire national depuis juillet 2026. La facture englobe les dégâts mécaniques d’un train à Obala et le remplacement des pièces de fixation sur la ligne Yaoundé–Ngaoundéré.
La ligne Yaoundé–Ngaoundéré subit des atteintes qui peuvent coûter bien plus cher que le métal dérobé. Depuis juillet 2026, Camrail a recensé six vols d’attaches Pandrol sur le tronçon relevant de sa coordination Centre, dont trois dans le canton de Mbandjock–Tabéné. Le dernier cas, découvert le 22 octobre, a été signalé depuis la locomotive du train 192Me.
Ces attaches assurent la fixation du rail sur les traverses. Leur retrait fragilise le dispositif de maintien de la voie et peut provoquer une dégradation progressive de sa stabilité. Camrail insiste sur leur rôle : ce ne sont « pas de simples pièces métalliques », mais « des éléments techniques essentiels du système de fixation ». Le 15 octobre, la Police spéciale du chemin de fer a interpellé trois personnes soupçonnées de recel, dont un chef traditionnel. Leur responsabilité reste à établir. La compagnie rappelle que « seule la justice est habilitée à déterminer les responsabilités de chacun ».
Des coûts de sécurité largement supérieurs à la valeur du métal
Le préjudice ne se limite pas au remplacement des pièces. Il englobe les contrôles supplémentaires, les interventions de maintenance et les éventuelles perturbations du trafic. La valeur de récupération d’une attache peut sembler faible, mais les conséquences de sa disparition concernent la sécurité de toute une section de voie.
La collision du 10 octobre à Obala illustre une autre vulnérabilité du réseau. Le train voyageurs 192Ve, en provenance de Ngaoundéré, a heurté un camion-benne immobilisé sur un passage clandestin. La locomotive a subi des dommages mécaniques et électriques. Camrail évalue à environ 50 millions de FCFA les réparations susceptibles de découler d’un incident de cette nature. L’entreprise précise qu’il s’agit « d’un ordre de grandeur et non du coût confirmé » pour cette locomotive.
Les deux événements ont des causes distinctes : le vol d’équipements ferroviaires d’un côté, l’intrusion d’un véhicule sur la voie de l’autre. Ils révèlent néanmoins les dépenses et les risques liés à la protection des infrastructures. Camrail a par ailleurs recensé près de 200 passages clandestins sur l’ensemble de son réseau. Ce chiffre ne permet pas d’établir un lien avec les vols de matériel, mais témoigne de l’ampleur des problèmes de sécurisation des emprises.
La modernisation du réseau renforce cette exigence. Le 31 octobre, l’Institut de formation professionnelle aux métiers ferroviaires en Afrique centrale (Imefac), à Douala, a lancé la formation de 80 boursiers, notamment dans la maintenance de la voie et la soudure des rails. L’utilisation de rails de 54 kilogrammes par mètre requiert des équipements adaptés et des compétences techniques spécifiques.
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