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Projets gaziers Yoyo-Yolanda : Le Cameroun et la Guinée équatoriale préparent les négociations avec Chevron

5 novembre 2026Mis à jour le 5 novembre 2026Temps de lecture 3 min
Projets gaziers Yoyo-Yolanda : Le Cameroun et la Guinée équatoriale préparent les négociations avec Chevron
L'ECONOMIE

Estimées à 2 500 milliards de pieds cubes, les ressources gazières du gisement transfrontalier doivent faire l’objet d’une exploitation conjointe. Les deux États harmonisent les modalités opérationnelles avant les discussions avec l’opérateur américain.

Le Cameroun et la Guinée équatoriale ont harmonisé leurs positions sur les modalités d’exploitation du gisement gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda. Réunies le 4 novembre 2026 au siège de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), à Yaoundé, les deux délégations ont examiné le projet d’Accord d’Opérations de l’Unité (AOU), préalable aux prochaines discussions avec Chevron, partenaire du développement du projet.

La délégation camerounaise était conduite par Nathalie Moudiki, Conseiller N2 à la SNH, tandis que la partie équato-guinéenne était dirigée par Oscar Berniko, Directeur général des entités d’État et des actifs pétroliers au ministère des Hydrocarbures. Au terme des échanges, les deux parties ont consolidé une position commune sur le document soumis à leur examen. Cette convergence doit désormais servir de base aux discussions avec l’opérateur.

L’enjeu dépasse la coordination diplomatique. L’AOU doit encadrer les conditions pratiques de développement et d’exploitation d’un gisement dont les ressources sont estimées à 2 500 milliards de pieds cubes (TCF), soit environ 70,5 milliards de mètres cubes. Selon les données communiquées par le ministère camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique en février 2026, 84 % de ces ressources reviennent au périmètre camerounais de Yoyo, contre 16 % pour la partie équato-guinéenne de Yolanda.

Un potentiel gazier de 70,5 milliards de mètres cubes

Le schéma de développement présenté lors de la signature de l’Accord d’Unitisation, le 3 février 2026 à Malabo, prévoit l’installation d’une plateforme de traitement dans le périmètre du contrat de partage de production (CPP) Yoyo, le forage de trois puits de développement et la construction de deux gazoducs d’exportation. Le gaz doit être acheminé vers les installations de Bipaga, au Cameroun, et de Punta Europa, en Guinée équatoriale, pour son traitement respectif.

Ce dispositif repose sur la complémentarité des infrastructures gazières des deux pays. Il offre notamment au Cameroun une perspective de renforcement de ses capacités de traitement et de valorisation du gaz naturel, tandis que la Guinée équatoriale pourrait davantage mobiliser ses installations industrielles existantes. Pour les deux économies, la commercialisation de cette ressource représente un enjeu de diversification des revenus et de sécurisation de l’approvisionnement énergétique.

La concrétisation du projet reste toutefois tributaire de la finalisation des arrangements contractuels et opérationnels avec Chevron. L’accord signé en février 2026 avait déjà fixé le cadre de l’exploitation commune du gisement. La nouvelle séquence de discussions porte désormais sur les conditions de mise en œuvre de cette exploitation.

Le processus remonte à l’accord bilatéral signé le 17 mars 2023 à Yaoundé par les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Après plusieurs années de négociations, les deux États ont franchi une étape juridique supplémentaire avec la signature de l’Accord d’Unitisation en février 2026. La réunion du 4 novembre s’inscrit dans la préparation du dispositif opérationnel.

La prochaine échéance sera donc déterminante pour passer du cadre de coopération à l’organisation concrète du développement du gisement. Le calendrier de mise en production, les investissements définitifs et les conditions économiques de réalisation ne sont pas précisés dans les informations communiquées à l’issue de la session de Yaoundé.

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Tags :CamerounChamps gaziers Yoyo-YolandaChevron
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