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Exploitation forestière : Rougier perd 9,6 % de son chiffre d’affaires au premier semestre 2026

5 novembre 2026Mis à jour le 5 novembre 2026Temps de lecture 3 min
Exploitation forestière : Rougier perd 9,6 % de son chiffre d’affaires au premier semestre 2026
L'ECONOMIE

Le groupe français reste pénalisé par le recul de ses ventes au Gabon et les contraintes opérationnelles au Congo. Malgré un retour à un excédent brut d’exploitation positif, sa perte nette consolidée atteint 2 millions d’euros et sa dette nette dépasse ses capitaux propres.

Le redressement financier de Rougier reste fragile. Le groupe forestier français a enregistré une perte nette consolidée de 2 millions d’euros, soit environ 1,31 milliard de FCFA, au premier semestre 2026, contre 800 000 euros à la même période en 2025. Publiés le 30 octobre dernier, ses comptes semestriels traduisent les difficultés persistantes de ses activités africaines, malgré les mesures de restructuration engagées pour restaurer sa rentabilité.

Le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 35 millions d’euros, soit environ 22,96 milliards de FCFA, contre 38,7 millions d’euros un an auparavant. Cette contraction de 9,6 % résulte notamment d’une demande internationale moins soutenue, de prix moins favorables et de contraintes opérationnelles dans ses principales zones d’exploitation.

Le Gabon constitue le principal point de fragilité commerciale. Les ventes du groupe dans le pays ont reculé de 20,3 % au premier semestre 2026. Cette évolution prolonge les difficultés de 2025, exercice au cours duquel le chiffre d’affaires gabonais avait déjà diminué de 23,9 %. Aux interruptions administratives de fin 2025 se sont ajoutées de nouvelles contraintes opérationnelles, dont l’arrêt temporaire d’un chantier forestier au deuxième trimestre 2026. Cette suspension a depuis été levée, selon la direction.

Au Congo, la tendance est plus favorable, avec une progression de 21,2 % des ventes. Cette évolution repose notamment sur le déstockage des bois restés en forêt à fin 2025 et la reprise de la production industrielle au deuxième trimestre. La filiale a toutefois subi 28 jours cumulés d’arrêts de production au premier trimestre, dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement en gasoil. Le groupe a également annulé 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires précédemment comptabilisé dans ce pays à la suite d’un litige commercial, sans incidence sur sa trésorerie.

Un redressement opérationnel encore insuffisant

Sur le plan opérationnel, Rougier retrouve un excédent brut d’exploitation (EBE) positif de 3,6 millions d’euros, contre 6,6 millions au premier semestre 2025. La marge correspondante ressort à 10,2 % du chiffre d’affaires, contre 17 % un an plus tôt. Ce résultat marque néanmoins une amélioration par rapport à la perte de 4,6 millions d’euros enregistrée au second semestre 2025. Le groupe l’attribue à la réduction des charges externes, à la préservation des marges et à l’adaptation de son organisation.

Cette amélioration ne suffit pas à rétablir l’équilibre. Après amortissements et provisions, le résultat opérationnel affiche un déficit de 1,4 million d’euros, contre 200 000 euros au premier semestre 2025. La perte nette consolidée atteint ainsi 2 millions d’euros, dont 1,2 million imputable aux actionnaires du groupe.

La structure financière appelle également à la vigilance. Au 30 juin 2026, la dette financière nette atteint 15,5 millions d’euros, contre 15,4 millions à fin décembre 2025. Elle représente près de 1,6 fois les capitaux propres, établis à 9,8 millions d’euros. Cette dette comprend notamment 7,5 millions d’euros de compte courant bloqué d’un actionnaire minoritaire de Rougier Afrique International et 6,4 millions d’euros d’emprunts bancaires des filiales.

Pour le second semestre, la direction mise sur la normalisation des opérations forestières et industrielles au Gabon, l’amélioration de l’approvisionnement en carburant au Congo et la poursuite des économies. Après un exercice 2025 marqué par une baisse de 21,5 % de son chiffre d’affaires et une perte nette part du groupe de 8 millions d’euros, Rougier doit désormais démontrer que la reprise de ses opérations peut se traduire par une rentabilité durable.

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Tags :AfriqueCEMACExploitation forestièreGabonRougier
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