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Transport aérien : Le trafic passagers africain décolle de 7,8 % en 2025 malgré des freins persistants

William Abada5 février 2026Mis à jour le 5 février 2026Temps de lecture 2 min
Transport aérien : Le trafic passagers africain décolle de 7,8 % en 2025 malgré des freins persistants
L'ECONOMIE

L’année 2025 marque une étape clé pour le transport aérien en Afrique. Avec une progression du trafic supérieure à la dynamique mondiale (+5,3 %), les transporteurs africains confirment leur vitalité, portés par un mois de décembre robuste affichant une hausse de 10,3 %. Cette performance indique que le secteur a non seulement effacé les séquelles de la crise sanitaire, mais s’inscrit désormais dans une trajectoire de développement durable.

Pourtant, cette croissance cache des disparités pesant sur la rentabilité. Si l’offre globale de sièges a augmenté de 6,5 %, le coefficient d’occupation des appareils africains peine à décoller, s’établissant à 74,9 %. Ce chiffre demeure le plus bas au monde, loin derrière les 84,4 % de l’Asie-Pacifique. Ce décalage souligne la difficulté des compagnies africaines à optimiser le remplissage de leurs avions, pénalisées par une connectivité intra-africaine encore onéreuse et complexe.

Au-delà des frontières continentales, l’industrie a souffert d’une désorganisation logistique globale. En 2025, les compagnies ont dû composer avec une crise majeure de la chaîne d’approvisionnement. Entre les retards de livraison d’appareils et les difficultés d’accès aux pièces de rechange, les surcoûts pour le secteur ont atteint 6 106 milliards FCFA (environ 11 milliards de dollars). Pour les flottes africaines, souvent réduites, ces délais de maintenance sont critiques et freinent la réponse à une demande croissante.

Pour 2026, les perspectives restent optimistes avec une croissance régionale projetée à 6,0 % par l’IATA. Pour accompagner cet essor, l’organisation mise sur deux leviers. Elle appelle d’abord les gouvernements à instaurer des cadres fiscaux incitatifs pour stimuler la production locale de carburants durables (SAF), dont la part n’était que de 0,6 % en 2025. Elle insiste ensuite sur l’urgence du Marché unique du transport aérien africain pour harmoniser les taxes et réduire les coûts d’exploitation.

L’avenir du secteur se joue désormais sur la transition énergétique et la souveraineté économique. L’Afrique, avec son potentiel démographique, devrait rester un moteur de l’expansion mondiale, à condition de lever les verrous réglementaires. D’ici 2044, le continent devrait franchir la barre des 411 millions de passagers.

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Tags :Afriquetrafic passagersTransport aérien
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