Transformation du Manganèse : Le Gabon sollicite Sinohydro pour sécuriser l’énergie de sa future usine

La lettre d’intention signée le 5 novembre 2026 à Pékin ouvre des discussions sur des infrastructures hydroélectriques destinées à soutenir les ambitions métallurgiques d’Eramet-Comilog. Le projet industriel vise jusqu’à 700 000 tonnes de minerai transformées localement par an à l’horizon 2031.
Le Gabon engage un nouveau chantier pour accroître la valeur ajoutée de son manganèse. La République gabonaise, Eramet, sa filiale Comilog et Sinohydro, entreprise chinoise du groupe PowerChina, ont signé, le 5 novembre 2026 à Pékin, une lettre d’intention sur l’approvisionnement électrique d’une future usine d’alliages de manganèse. L’accord porte notamment sur l’étude de solutions hydroélectriques susceptibles de répondre aux besoins énergétiques de cette installation industrielle. Les partenaires doivent également examiner les conditions commerciales et financières d’une éventuelle coopération.
Cette initiative donne une dimension énergétique au protocole d’accord conclu le 20 juillet 2026 entre l’État gabonais et Eramet. Ce cadre prévoit l’étude de trois scénarios industriels, avec un objectif global pouvant atteindre 700 000 tonnes de minerai transformées chaque année au Gabon d’ici fin 2031. Le projet le plus ambitieux concerne une nouvelle usine côtière d’alliages de manganèse, dont la capacité envisagée atteint 265 000 tonnes par an. Sa réalisation nécessiterait environ 530 000 tonnes de minerai. Sa mise en service reste conditionnée à la sécurisation des approvisionnements énergétiques, des infrastructures logistiques et à une décision finale d’investissement.
L’électricité, préalable à l’investissement
Le choix de Sinohydro traduit l’importance accordée à cette équation. La métallurgie du manganèse exige une alimentation électrique importante et régulière, notamment pour les fours industriels utilisés dans la production de ferromanganèse et de silicomanganèse. Le développement d’une ou plusieurs centrales hydroélectriques figure ainsi parmi les pistes que les partenaires souhaitent étudier. Au-delà de l’alimentation d’une usine, ces infrastructures pourraient contribuer au renforcement des capacités énergétiques nationales.
Au niveau d’Eramet-Comilog, il s’agit de consolider sa présence dans les activités de transformation. En 2025, l’entreprise a produit 6,8 millions de tonnes de minerai, soit environ 13 % de l’offre mondiale. Le groupe dispose déjà au Gabon du Complexe métallurgique de Moanda, dont la rénovation figure également dans la feuille de route industrielle. Le redémarrage des installations rénovées pourrait intervenir fin 2029, avec une capacité pouvant atteindre 70 000 tonnes d’alliages par an.
Le calendrier reste toutefois suspendu à la faisabilité économique des investissements. La lettre signée à Pékin ne vaut ni engagement de construction des centrales ni décision définitive de réalisation de la nouvelle usine. Elle ouvre une phase d’évaluation technique et financière dont les conclusions devront permettre de préciser le montage du projet, les responsabilités des partenaires et les conditions d’exploitation.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail


