Marchés de produits animaux : Le Feicom mise sur les compétences communales

Le programme de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture associe désormais les investissements marchands au renforcement des capacités locales. Une démarche destinée à améliorer les conditions de conservation et de commercialisation des denrées d’origine animale.
La construction de marchés et de halles de vente ne suffit pas à garantir la qualité sanitaire des produits proposés aux consommateurs. Leur exploitation exige aussi des équipements adaptés, des règles d’hygiène respectées et des personnels capables d’en suivre l’application. C’est sur ce maillon que le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) entend renforcer l’intervention des collectivités territoriales.
Depuis le 2 novembre 2026, à Ebolowa, des cadres techniques communaux de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême-Nord et du Sud participent à une formation de cinq jours sur les normes environnementales et sanitaires applicables à la commercialisation des produits et sous-produits de l’élevage. Les enseignements portent notamment sur l’hygiène, la salubrité, les conditions de conservation, le contrôle des denrées et la gestion des déchets. Les participants doivent ainsi mieux accompagner le fonctionnement des infrastructures marchandes et le respect des exigences sanitaires.
Cette session s’inscrit dans le Projet de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture (PDCVEP), financé à hauteur de 65 milliards de FCFA par l’État et la Banque africaine de développement (BAD). Le programme couvre 28 communes et concerne les filières bovine, porcine et piscicole. En partenariat avec le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), le Feicom intervient dans la construction et la réhabilitation des marchés et halles de vente.
Selon les données communiquées par l’organisme, 22 projets ont fait l’objet d’une réception provisoire, quatre restent en cours d’exécution et dix infrastructures sont déjà mises en service. Ces réalisations appellent un dispositif local de gestion et d’entretien, notamment pour préserver les conditions de manipulation et de conservation des denrées.
La gestion sanitaire, autre chantier de la décentralisation
L’enjeu concerne directement la santé publique. La loi camerounaise sur l’inspection sanitaire vétérinaire impose un contrôle des produits d’origine animale avant leur mise à la consommation. Cette mission relève de personnels qualifiés et assermentés des services vétérinaires. La formation des agents communaux vient donc en complément, notamment pour l’hygiène des espaces marchands, la salubrité et la gestion des déchets.
Pour Sidonie Esseng Mezui épouse Grivet, responsable régionale du Feicom pour le Sud, représentant le directeur général, le renforcement des capacités locales accompagne les investissements réalisés dans les infrastructures. Cette démarche participe également à la valorisation de la production nationale et à la politique d’import-substitution.
Au-delà des ouvrages livrés, la performance du programme dépendra ainsi de leur entretien, de leur utilisation effective et de la coordination entre les communes et les services techniques de l’État. La qualité sanitaire des produits commercialisés constitue l’un des critères concrets de cette mise en service.
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