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Trafic illégal d’or : La traque des acteurs impliqués est lancée

Hervé Fopa Fogang11 mars 2026Mis à jour le 11 mars 2026Temps de lecture 3 min
Trafic illégal d’or : La traque des acteurs impliqués est lancée
L'ECONOMIE

Suite aux écarts constatés entre la production d’or et les volumes officiellement exportés, la Présidence de la République a décidé de lancer une enquête pour identifier tous les acteurs impliqués dans le circuit informel. « J’ai l’honneur de vous répercuter les Très Hautes instructions de Monsieur le Président de la République, prescrivant de mettre sur pied, de toute urgence, une commission d’enquête mixte, à l’effet d’établir les responsabilités des différents   acteurs impliqués dans le trafic illégal de l’or » peut-on lire dans une correspondance adressée par Ferdinand Ngoh Ngoh, Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République au Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense , chargé de la Gendarmerie nationale.

La commission mixte d’enquête devra  dans son rapport à transmettre pour la « Très Haute appréciation du Président de la République, Paul Biya »,  examiner les circuits de production et d’exportation de l’or, identifier les réseaux impliqués et déterminer les complicités éventuelles. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la montée de l’exploitation artisanale de l’or et les difficultés de contrôle du secteur minier. Le Cameroun en effet dispose de nombreux gisements exploités principalement par des orpailleurs artisanaux, mais une grande partie de la production échappe aux circuits officiels et est exportée clandestinement pour éviter les taxes et les contrôles étatiques. 

L’initiative de la Présidence de la République intervient dans un contexte où la lutte contre le trafic illégal d’or est devenue un  « enjeu majeur pour la gouvernance économique et la transparence dans le secteur extractif au Cameroun ». « La mise en place de cette Commission mixte d’enquête est une avancée considérable malgré les lenteurs administratives (trois mois après qu’on ait posé l’œil sur le rapport ITIE). Au moins ça signifie que nos efforts ne sont pas vains » souligne Ange Ngandjo, banquier-consultant. Il s’illustre le plus souvent par ses analyses dans le secteur minier.

Comment le circuit informel fait perdre de l’argent au trésor public

Le Cameroun a rendu public le 10 décembre 2025 son rapport 2023 de l’initiative pour la Transparence dans les industries extractives. Il ressort du document que  les exportations illégales de l’or ont fait perdre l’argent au trésor public. « En 2023, la Douane a déclaré 22,3 kg d’exportations d’or, tandis que les statistiques internationales indiquent 15,2 tonnes, dont plus de 90% à destination des Emirats Arabes Unis. Environ une tonne de production formelle et 30 kg d’or industriel ne figurent pas dans les données officielles. Les pertes fiscales potentielles sont estimées à 165 milliards de FCFA » peut-on lire dans le rapport ITIE.

 Suivant quelques analystes interrogés, ces pertes se sont sans doute accentuées au cours de ces deux dernières années. En 2022, les statistiques faisaient déjà apparaître 4,8 tonnes d’or importées par les partenaires commerciaux, contre seulement 47 879 g déclarés à l’export par le Cameroun.  En 2017, le Cameroun déclarait avoir exporté seulement 4 kg d’or vers les Émirats Arabes Unis, alors que ces derniers rapportaient 10,9 tonnes d’or en provenance du pays. Selon des sources publiques, l’or illégal serait acheminé principalement par voie aérienne, via des compagnies commerciales ou des avions privés.

Pour limiter ces pertes et améliorer la gouvernance du secteur extractif, l’ITIE recommande de : créer un mécanisme Douane-Sonmines pour tracer toute la production formelle et l’intégrer aux statistiques officielles, renforcer les contrôles aux frontières en coordonnant Douane, Sonamines et forces de sécurité, réaliser une étude sur l’or artisanal pour identifier les fuites, clarifier les rôles institutionnels et établir un cadre de traçabilité.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMAC
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