Microfinance : Pan-African Savings & Loans revendique 16 milliards de crédits et 4 500 PME soutenues à fin octobre 2026

Porté par une recapitalisation d’un milliard menée par son actionnaire majoritaire Ecobank Cameroun, l’établissement piloté par Christian Honoré Angui dépasse sur les dix premiers mois de l’année, ses résultats de l’exercice précédent et anticipe une progression annuelle de 20 à 30 %.
La performance de Pan-African Savings & Loans (PASL) ne se mesure plus uniquement à son redressement financier. Elle se traduit désormais par une accélération de son activité de financement. À fin octobre 2026, l’établissement de microfinance de deuxième catégorie avait déjà accordé 16 milliards de FCFA de crédits, soit un milliard de plus que sur l’ensemble de l’exercice 2025.
D’après Christian Honoré Angui, administrateur-directeur général de PASL, cette évolution confirme la dynamique engagée par l’institution. « En 2025, on a réalisé notre meilleur résultat de l’existence de Pan-African », explique-t-il. L’établissement avait alors enregistré un bénéfice net de 404 millions de FCFA, selon les chiffres communiqués par son dirigeant. En 2026, ce niveau a déjà été dépassé à la fin octobre. La direction anticipe désormais une hausse annuelle de 20 à 30 % du résultat net par rapport à 2025.
Une croissance soutenue par la collecte et les fonds propres
La dynamique ne concerne pas uniquement les crédits. PASL revendique plus de 19 milliards de FCFA de dépôts collectés sur les dix premiers mois de 2026, un volume qui correspond déjà à celui réalisé sur l’ensemble de l’exercice précédent, selon le directeur général. Le total du bilan suit la même orientation, porté par la progression des crédits, des dépôts et des fonds propres.
Cette évolution commerciale bénéficie d’un renforcement préalable de la structure financière de l’établissement. L’opération de recapitalisation, engagée en 2024 et achevée en 2025, a permis de porter le capital social à 1,78 milliard de FCFA. Ecobank Cameroun, actionnaire majoritaire, a apporté un milliard de FCFA à cette opération.
Au-delà du renforcement réglementaire, cette enveloppe donne à PASL une capacité supplémentaire pour soutenir son développement commercial et élargir son portefeuille de financements.
Les PME au cœur du modèle économique
La stratégie repose principalement sur le financement du tissu entrepreneurial. Selon Christian Honoré Angui, les PME représentent 73 à 74 % des financements de l’établissement. Sur les deux derniers exercices, PASL revendique plus de 10 000 PME accompagnées. Pour 2026, le compteur affiche environ 4 500 entreprises.
« Nous ne faisons pas que le financement. Nous vous accompagnons pour vous aider à le structurer », précise le patron de PASL. Les concours accordés vont de 50 000 FCFA à 180 millions de FCFA, avec des maturités adaptées à la nature des besoins. Cette flexibilité permet à l’établissement de servir aussi bien les petits commerçants que les entreprises plus structurées.
Le DG situe le taux de dégradation du portefeuille actuel autour de 12 %, avec un objectif inférieur à 10 % à fin 2026. Il attribue cette orientation à un dispositif de sélection et de validation des dossiers qui repose sur plusieurs niveaux d’analyse. « À Pan African, personne ne décide seul. À aucun niveau », insiste-t-il.
La vigilance reste nécessaire dans un secteur sous pression. Selon les données du rapport annuel 2025 de la COBAC, les créances en souffrance des établissements de microfinance de la CEMAC ont atteint 236,8 milliards de FCFA, en hausse de 33,2 % sur un an. Elles représentent 20,5 % des crédits bruts du secteur.
PASL entend également soutenir sa croissance par la digitalisation. Cartes Visa, portefeuille électronique, collecte mobile et plateforme bancaire en ligne figurent déjà dans son dispositif. Un service de crédit numérique baptisé Quick Loan ainsi que des points de proximité sans agence classique sont également annoncés.
En gros, l’ambition du top management est de maintenir cette trajectoire et d’atteindre, à moyen terme, un milliard de FCFA de bénéfice net. Un objectif qui dépendra autant de la capacité à accroître les volumes de financement que de celle à préserver la qualité du portefeuille.
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