Opacité financière : Le Cameroun figure dans le Top 12 africain en 2026

Le pays de Paul Biya occupe le 12e rang des pays africains qui favorisent le plus l’opacité financière en 2026, selon l’indice publié le 23 juin dernier par Tax Justice Network, une ONG spécialisée dans la recherche et le plaidoyer contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. À l’échelle mondiale, le Cameroun se situe au 94e rang sur les 141 juridictions étudiées.
Le Cameroun figure parmi les dix juridictions africaines les plus opaques en matière de secret financier selon l’édition 2026 du Financial Secrecy Index publié par Tax Justice Network. L’organisation qui lutte contre l’évasion fiscale et le secret financier a établi ce classement à partir du Financial Secrecy Index 2026. L’indice mesure la marge que laissent les lois et les règlements de chaque juridiction à l’opacité financière, intentionnelle ou non, sur une échelle de 0 à 100. Il combine ce score avec le volume des services financiers offerts par chaque pays aux résidents étrangers, pour établir la part de chaque juridiction dans l’opacité financière mondiale.
Le classement s’appuie sur 20 indicateurs regroupés en quatre catégories. Ces catégories couvrent l’enregistrement des actifs et des droits de propriété, la transparence des personnes morales, l’intégrité de la réglementation fiscale et financière, ainsi que les normes internationales et la coopération contre l’opacité. Parmi les indicateurs figurent le secret bancaire, l’octroi de visas dorés à des investisseurs étrangers, la propriété effective des sociétés à responsabilité limitée et la transparence des contrats liés aux industries extractives.
La position du Cameroun le place en milieu de tableau parmi les 18 pays africains recensés. Le pays se situe derrière la Tunisie sur l’échelle continentale et devant le Rwanda. Il reste éloigné des pays jugés les plus opaques du continent que sont l’Algérie, l’Égypte, le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud, qui occupent respectivement le 31e, le 32e, le 35e, le 45e et le 49e rang mondial.
L’Algérie arrive en tête du classement africain avec un score d’opacité de 74 points sur 100 et une valeur du FSI de 304 points. Le pays réalise de mauvaises performances sur plusieurs indicateurs, notamment la propriété effective des sociétés, la transparence sur les comptes des entreprises et l’échange de renseignements sur demande, où il obtient le score maximal de 100 points.
À l’autre extrémité du classement continental, l’Angola apparaît comme le pays africain le moins opaque, au 139e rang mondial, devant le Liberia, la Gambie, le Botswana et le Rwanda.
À l’échelle mondiale, les juridictions qui facilitent le plus les flux financiers opaques restent les principaux centres financiers. Les États-Unis, la Suisse, Singapour, Hong Kong et l’Allemagne occupent les cinq premières places. Tax Justice Network observe que la plupart des juridictions les plus opaques, en Afrique comme ailleurs, correspondent aux hubs historiques de commerce et d’investissement qui offrent une fiscalité attrayante aux multinationales.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





