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Nouvelle architecture financière africaine : Les Caisses de dépôt appelées à combler un déficit d’infrastructures de 400 milliards de dollars par an

Francois Gael Mbala29 mai 2026Mis à jour le 29 mai 2026Temps de lecture 2 min
Nouvelle architecture financière africaine : Les Caisses de dépôt appelées à combler un déficit d’infrastructures de 400 milliards de dollars par an
L'ECONOMIE

L’Afrique dispose des ressources. Ce qui lui fait défaut, c’est la capacité à les mobiliser efficacement. Malgré un potentiel de croissance reconnu et des richesses considérables, le continent peine à financer ses infrastructures, son commerce intra-africain et son tissu de PME. La Banque africaine de développement (BAD) chiffre le déficit de financement des infrastructures à 400 milliards de dollars par an, auquel s’ajoute un déficit du financement du commerce susceptible de dépasser 100 milliards de dollars d’ici 2027.

Pourtant, l’épargne existe. Quelque 4 000 milliards de dollars sont disponibles sur le continent, répartis entre banques de développement, fonds souverains, banques commerciales et compagnies d’assurance. Une manne considérable, à condition de savoir l’orienter vers les économies réelles.

La nouvelle architecture financière africaine comme cadre de référence

C’est précisément l’ambition de la Nouvelle architecture financière africaine portée par la BAD : réduire la dépendance aux capitaux extérieurs, mobiliser les ressources internes et les canaliser vers des secteurs productifs. Trois priorités structurent cette approche : transformer l’épargne locale en capital d’investissement, améliorer la bancabilité des projets pour attirer ces capitaux, et orienter les financements vers les secteurs à fort effet d’entraînement, commerce intra-africain, PME, chaînes de valeur agricoles et industrielles.

C’est dans ce cadre que les Caisses de dépôt et consignation (CDC) s’imposent comme des acteurs incontournables. Par leur mandat, elles collectent de l’épargne longue, sécurisent des fonds publics et privés, et les investissent dans l’intérêt général. Elles constituent ainsi des ponts naturels entre l’épargne dispersée des populations et les grands projets structurants.

Les Assemblées annuelles de la BAD 2026, en cours à Brazzaville au Congo, ont offert une tribune à ces institutions trop souvent méconnues. En marge de ces assises, le Forum des Caisses de dépôt organisé le 27 mai dernier a permis aux CDC du Niger, du Gabon, de la Tunisie et du Maroc de partager leurs expériences et de démontrer leur rôle spécifique dans la nouvelle architecture financière du continent.

L’exemple tunisien illustre bien la valeur ajoutée de ces structures. Opérationnelle depuis 2012, la CDC de Tunisie a investi dans neuf projets de transformation de zones industrielles et de création de pôles technologiques, pour un montant global de 118 millions de dinars. Face au blocage récurrent des projets d’infrastructures en partenariat public-privé, études préliminaires obsolètes, coûts de réalisation prohibitifs, insuffisance de ressources techniques, elle a eu l’initiative de créer une ligne d’amorçage de 20 millions de dinars dédiée au financement de ces études en amont.

« L’idée, c’est de financer les études, non pas la construction. L’objectif, c’est essentiellement de prendre le risque, d’améliorer la qualité des projets, de les rendre plus attirants pour les investisseurs, et pourquoi pas bancables », a expliqué Marouen Sabkhi, responsable de la gestion financière de la CDC tunisienne.

Une approche pragmatique qui pourrait inspirer bien des pays africains encore à la recherche d’un modèle pour transformer leur épargne dormante en moteur de développement. 

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