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Libéraliser les visas pour booster l’intégration intra-africaine

La Rédaction18 septembre 2025Mis à jour le 18 septembre 2025Temps de lecture 4 min
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L'ECONOMIE

Selon le rapport de 2024 sur l’ouverture des régimes de visa en Afrique, Le Bénin, la Gambie, le Rwanda et les Seychelles continuent d’occuper la première place au titre de l’indice d’ouverture sur les visas (IOVA) cette année encore.

Notons que l’indice d’ouverture sur les visas en Afrique (IOVA) mesure le degré d’ouverture des pays africains aux visiteurs des autres pays du continent. L’IOVA analyse les exigences en matière de visa de chaque pays pour indiquer ceux parmi les pays africains qui facilitent le plus les voyages sur leur territoire.

Le même rapport ajoute que, 16 des 20 premiers pays du classement sont situés à parts égales en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est (8 en Afrique de l’Ouest et 8 en Afrique de l’Est). L’Afrique du Nord est représentée par un pays (la Mauritanie) tandis que l’Afrique australe compte trois pays, à savoir Madagascar, Maurice et le Mozambique. De plus, 18 des 20 premiers pays au titre de l’IOVA sont classés parmi les pays à revenu moyen inférieur ou à faible revenu, ce qui suggère que les pays à faible revenu sont souvent plus enclins à adopter des régimes de visa libéraux.

En revanche, ledit rapport mentionne que plusieurs pays à revenu élevé continuent de maintenir des régimes de visa restrictifs, peut-être parce que l’ouverture des régimes de visa incite à voyager à l’intérieur du pays pour des raisons purement économiques ou crée des voies à la migration irrégulière.

Certains pays ont amélioré leur note IOVA, 2023-2024. C’est par exemple le cas de la Sierra Leone classée 13ème avec une note de 0,811. Celui-ci a connu une amélioration de sa note de + 0,309 de 2023-2024. Le pays offre désormais aux citoyens de 15 pays un accès sans visa, ce qui représente une légère augmentation par rapport à 2023. C’est également le cas de l’Angola, qui offre désormais un accès sans visa aux citoyens de 19 pays africains, une augmentation par rapport aux 10 enregistrés dans le rapport 2023 de l’IOVA.

La mobilité des facteurs de production, notamment du travail, est source d’allocation plus efficiente des ressources à l’échelle d’un espace économique intégré. Dans la mesure où les disparités interrégionales en matière d’opportunités économiques sont conséquentes, la libre circulation des personnes est un facteur de redistribution du travail vers les zones à forte intensité capitalistique ou à fort potentiel de croissance.

Par exemple, des pays comme le Nigeria ou la Côte d’Ivoire, qui disposent de pôles urbains dynamiques, pourraient accueillir des travailleurs issus d’économies plus fragiles, favorisant ainsi une complémentarité entre capital et travail. Cette mobilité aurait aussi pour effet de réduire le chômage structurel dans les pays à faible demande de main-d’œuvre.

Circuler librement favorise l’investissement

Circuler librement favorise également un environnement propice à l’investissement, en particulier dans les secteurs nécessitant une main-d’œuvre qualifiée et mobile. Réduire les barrières administratives à la mobilité, revient donc pour les pays africains à attirer davantage de talents, de compétences et de savoir-faire. Ce qui améliorerait de ce fait la compétitivité de leurs économies.

De plus, la stimulation de la croissance économique régionale passe par l’augmentation de la taille effective du marché du travail et la réduction des coûts de transaction liés à la migration. Par ailleurs, une initiative comme celle de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) a vu le jour et fait face à de nombreux défis. Il s’agit d’un projet de zone de libre-échange en cours de création sur l’ensemble du continent africain. L’objectif ici est l’intégration à terme de l’ensemble des 55 États de l’Union africaine au sein de la zone de libre-échange.

Bien que porteuse, la politique de libre circulation des personnes fait face à de multiples contraintes structurelles, institutionnelles et sociales. Dans un contexte marqué entre autres par des conflits, des insurrections armées et du terrorisme transfrontalier, ouvrir les frontières, peut accroître les risques sécuritaires.

Ces contraintes ne remettent pas en cause le bien fondé de cette politique, cependant mettent l’accent sur la nécessité d’une approche fondée sur des mécanismes de solidarité régionale, de régulation commune et d’investissement dans le développement inclusif.

Dès lors, la libéralisation des visas doit être envisagée pour faciliter la  libre circulation des personnes. Il est donc primordial qu’elle soit soutenue par une volonté politique forte, un renforcement des institutions, et une coordination régionale effective.

Michelle Josée Ekila, Economiste en Histoire, Institutions et Développement

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Tags :AfriqueCEMAC
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