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La Cameroon Development Corporation clôture l’exercice 2025 sur une perte nette de 20 milliards de FCFA

Hervé Fopa Fogang29 mai 2026Mis à jour le 29 mai 2026Temps de lecture 3 min
Le gouvernement annonce l’apurement de 4 ans d’arriérés de salaires dus à plus de 20 000 employés de la CDC
L'ECONOMIE

Le cabinet d’audit Forvis Mazars Cameroun a rendu son verdict sur les comptes de la Cameroon Development Corporation (CDC) pour l’exercice clos le 31 décembre 2025. La société publique enregistre une perte nette de 20 milliards de FCFA, contre un bénéfice de 45 milliards un an plus tôt. Un retournement brutal, imputable en grande partie aux vastes superficies de plantations laissées à l’abandon sous l’effet de la crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Des plantations sous-exploitées, principal facteur du déficit

Les chiffres de l’audit sont éloquents. Sur les 18 595 hectares de plantations d’hévéas matures recensés au 31 décembre 2025, 51 %, soit 9 423 hectares, n’ont pas été exploités au cours de l’exercice. Du côté des palmiers à huile, 36 % des 13 690 hectares de plantations matures, représentant 4 926 hectares, sont restés également en jachère forcée. Résultat : plusieurs domaines et unités industrielles ont fonctionné au ralenti ou sont demeurés totalement à l’arrêt, pénalisant lourdement les volumes de production.

Cette situation n’est pas nouvelle. Selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises (CTR), la CDC avait déjà perdu 60,9 % de son chiffre d’affaires entre 2016 et 2018 du fait de la crise sécuritaire, et accumulé 38,7 milliards de FCFA de pertes cumulées entre 2019 et 2021.

Malgré ce contexte difficile, le chiffre d’affaires de la CDC a progressé, passant de 23 milliards de FCFA en 2024 à 24,9 milliards en 2025, soit une hausse de 1,9 milliard de FCFA. Une performance commerciale encourageante, mais insuffisante pour compenser le poids des charges et l’érosion de la productivité. Le total du bilan s’établit à 102 milliards de FCFA, pour des capitaux propres ramenés à 3,2 milliards, contre 9 milliards un an auparavant. Les disponibilités de trésorerie ont, elles, reculé de 7,4 milliards de FCFA.

Il convient de rappeler que les bons résultats de 2024 avaient bénéficié d’un soutien exceptionnel de l’État, qui avait pris en charge une partie des engagements fiscaux et sociaux de l’entreprise, dont l’apurement de la dette salariale, permettant d’afficher un bénéfice de 45,4 milliards de FCFA et des capitaux propres de 9,7 milliards à fin décembre 2024.

Un plan de relance à 52 milliards de FCFA en cours de déploiement

Face à cette trajectoire préoccupante, le gouvernement camerounais a engagé un vaste programme de modernisation de l’outil industriel de la CDC. En 2025, le président de la République Paul Biya a habilité le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer avec Standard Chartered Bank Londres deux conventions de financement : un crédit commercial de 7,1 millions d’euros (environ 4,6 milliards de FCFA) et un crédit-acheteur de 71,7 millions d’euros (environ 47,06 milliards de FCFA), bénéficiant de la garantie de Bpifrance Assurance Export. L’enveloppe globale avoisine ainsi les 52 milliards de FCFA.

Ces financements sont destinés à la fourniture et à l’installation de nouvelles unités industrielles de transformation, huile de palme, margarine et hévéa, afin de moderniser l’appareil productif du géant agro-industriel et de restaurer sa compétitivité. Deuxième employeur du pays après l’État, la CDC exploite des plantations de bananes, d’hévéa et de palmiers à huile dans les régions du Littoral et du Sud-Ouest. Son redressement constitue un enjeu économique et social de premier ordre pour le Cameroun.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMAC
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