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<strong>Jules Armand Hodieb :</strong> <strong>« Les entreprises doivent interroger la productivité en rapport avec la charge de travail »</strong>

Francois Gael Mbala3 mars 2023Mis à jour le 3 mars 2023Temps de lecture 3 min
<strong>Jules Armand Hodieb :</strong> <strong>« Les entreprises doivent interroger la productivité en rapport avec la charge de travail »</strong>
L'ECONOMIE

(Leconomie.info) – Dans cette interview, l’expert en management de la productivité et spécialiste de la Sécurité sociale parle de la régulation de la charge de travail en entreprise, pour booster le rendement des salariés.

Quelle était l’opportunité d’organiser à  Yaoundé le 1er mars 2023 une conférence sur la charge du travail et la productivité en entreprise ?

 Les pratiques courantes de management ont révélées des insuffisances remarquables, dans la manière de gérer la production et les effectifs. Les pratiques des entreprises, qu’elles soient publiques, privées, de petites ou de grandes tailles, montrent que l’employeur ne peut pas véritablement indiquer si les salaires qu’il verse compensent la production du personnel.  On peut parfois être en sureffectif ou en sous-effectif, mais il n’y a aucun élément méthodologique, il n’y a pas de moyen technique qui permet de détecter ce genre de situation.  Et du coup les entreprises perdent en compétitivité, les personnes sont démotivées, et tout cela impacte la productivité. Et donc, faute d’outils d’analyse et de détection, j’ai développé ce modèle économique qui permet à l’entreprise d’appréhender ces différentes situations et de protéger les états, pour être plus compétitifs. C’est ce qui justifie ce séminaire.

Est-ce-que la charge de travail doit être gérée de la même façon dans le secteur formel que dans le secteur informel ?

Oui absolument, parce que même si le secteur informel est un secteur qui n’est pas structuré,  il n’en demeure pas moins qu’il y a des investissements en ressources humaines, des investissements en équipement, en production. Il faut toujours se poser la question, est-ce-que ce qui rentre compense ce qu’on dépense est ce que ceux qui travaillent produisent en équivalence à leur salaire ? Cette interrogation se pose à toute organisation, qu’elle soit formelle ou informelle, qui aspire à améliorer ses performances.

 Comment peut-on compenser le salaire et la production dans une entreprise ?

A partir du moment où le code de travail n’a pas défini les éléments de compensation du salaire, le salaire est fixé dans le code de travail en fonction du diplôme.  L’analyse que j’ai faite montre que, si on arrive à équilibrer les charges de travail au sein d’une structure on peut établir qu’il y a compensation à la production.  Tant que certains personnels sont en déficit de charge, tant que la charge n’est pas équilibrée, on ne peut pas dire qu’il y a compensation. Ainsi, il faut transformer le travail réel en charge de travail,  dans cet univers de charge de travail, qui permet d’avoir un aperçu objectif du travail, on peut maintenant déterminer s’il y a équilibre ou pas. S’il y a équilibre, il y a compensation, s’il n’y a pas équilibre, il n’y a pas compensation

Avez-vous un mot à l’endroit des chefs d’entreprises relativement à ce concept que vous avez développé ?

Compte tenu de l’impact de ce modèle sur les résultats de l’entreprise, l’expérimentation a eu un succès visible. Il est important que l’entreprise interroge la productivité en rapport avec la charge de travail. La mise en œuvre de ce model va induire beaucoup de changement dans l’entreprise, notamment la réorganisation des équipes, la réduction des coûts excessifs du travail, et même l’assainissement du travail, parce qu’on va mettre en place des équipes plus motivées et plus compétitives car on va se rendre compte des insuffisances révélées par ce modèle.

Propos recueillis par François Gaël Mbala

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Tags :Actualité du CamerounCamerounCharge de travailJules Armand HodiebProductivité en entreprise
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