IUT de Douala : Moins de 5 % des projets étudiants deviennent des entreprises

Entre 2021 et 2026, la banque de projets de l’Institut universitaire de technologie (IUT) de l’université de Douala a enregistré 2 522 projets réalisés par des étudiants. Seuls 397 ont atteint le stade de la maturation et seulement 89 entreprises ont effectivement été créées, soit un taux de transformation inférieur à 5 %.
Neuf mois après la signature d’une convention avec le ministère des PME, moins de 5 % des projets incubés ont débouché sur une création d’entreprise. Ces chiffres ont été présentés le 23 juillet 2026 au campus 2 de Ndogbong, lors d’une session extraordinaire du conseil de direction de l’IUT, convoquée à la suite des résolutions de décembre 2025. Les travaux étaient présidés par le Pr Magloire Ondoa, recteur de l’université de Douala.
Cette évaluation intervient alors que le 6 octobre 2025, le ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Achille Bassilekin III, et son homologue de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, avaient signé une convention de partenariat spécifique entre le ministère des PME et l’IUT de Douala.
Cet accord visait à faire de chaque étudiant un porteur de projet d’entreprise, créateur de valeur et d’emplois ; il marquait le lancement officiel d’une première cohorte de 277 étudiants admis au sein de la Pépinière nationale des petites entreprises (PNPE) d’Edéa, une structure de référence en matière d’incubation et d’accompagnement entrepreneurial. Cette convention s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020 2030 (SND30) et dans la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur.
Neuf mois après sa signature, la convention ne semble pas encore avoir produit les effets attendus sur le terrain, à en juger par les statistiques de maturation présentées au conseil de direction.
« Nous avons 2 500 projets qui couvrent des domaines vitaux comme l’agrobusiness, l’énergie ou la santé connectée. Laisser ces données de recherche dans l’oubli est un manque à gagner. Cette session visait à définir une orientation claire pour que la recherche universitaire serve réellement au développement du Cameroun », a expliqué Jacques Etamè, directeur de l‘IUT de Douala.
Pour redresser la situation, et en s’appuyant sur la loi d’orientation de l’enseignement supérieur du 25 juillet 2023, l’IUT de Douala entend mettre sur pied trois entreprises, à savoir une société de construction et de maintenance industrielle, une entité de production agro-industrielle, chimique et pharmaceutique, ainsi qu’une auto-école spécialisée dans les engins lourds et la logistique des transports.
« La création de sociétés n’est qu’une des voies. Nous mettons également l’accent sur l’intensification de la protection de la propriété intellectuelle. Il a été fermement résolu de protéger toutes les créations de nos étudiants pour éviter les spoliations. Les brevets peuvent être une source de revenus non négligeable pour l’université. Nous voulons transformer chaque idée pertinente en un actif protégé et rentable », a indiqué Jacques Etamè.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





