Gabon : Les banques comptent 457 377 cartes bancaires pour seulement 24,6 % de paiements sur TPE

Le taux d’équipement en cartes bancaires atteint près de 68 % de la clientèle à fin juin 2026. Pourtant, les paiements réalisés sur terminaux électroniques restent largement inférieurs aux retraits d’espèces, qui dominent toujours les habitudes de paiement.
Au-delà des grands agrégats de crédits et de dépôts, l’état des parts de marché des autres transactions publié par l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Gabon offre un éclairage précieux sur le niveau réel de digitalisation des paiements dans le pays. Les chiffres arrêtés à fin juin 2026 dessinent un système bancaire encore largement structuré autour du retrait d’espèces.
Le secteur bancaire gabonais compte au total 673 793 clients, dont 634 718 particuliers et professionnels et 35 808 entreprises. Parmi cette clientèle, 457 377 personnes sont porteuses d’une carte bancaire, ce qui représente un taux d’équipement d’environ 68 % des clients. Un chiffre qui masque toutefois une composition très déséquilibrée entre les deux grandes catégories de cartes disponibles.
Les cartes internationales, permettant des paiements et retraits à l’étranger, représentent 440 869 unités, soit 96,39 % du total des cartes en circulation. À l’inverse, les cartes privatives, généralement utilisées pour des usages domestiques ou des programmes de fidélité spécifiques, ne totalisent que 16 508 unités, soit à peine 3,61 % du parc.
Le réseau d’équipement physique confirme cette configuration. Le Gabon compte 326 distributeurs automatiques de billets, contre 1 535 terminaux de paiement électronique installés chez les commerçants. Ce ratio d’environ 4,7 terminaux pour un distributeur automatique traduit un effort d’équipement commercial relativement développé, mais dont l’usage effectif reste à nuancer au regard du volume réel de transactions enregistrées.
C’est justement sur ce point que les chiffres de juin 2026 apportent l’information la plus révélatrice. Sur un total de 1 101 434 transactions enregistrées dans le mois, 687 279 concernent des retraits ou opérations aux distributeurs automatiques de billets, soit 62,41 % de l’ensemble des transactions du secteur.
Les transactions réalisées via les terminaux de paiement électronique ne représentent, elles, que 271 075 opérations, soit 24,61 % du total. Autrement dit, malgré un parc de terminaux de paiement presque cinq fois supérieur à celui des distributeurs automatiques, le volume de transactions généré par ces mêmes terminaux reste nettement inférieur à celui du simple retrait d’espèces.
Ce décalage traduit une réalité économique bien identifiée dans les études sur l’inclusion financière en Afrique centrale, celle d’une préférence persistante pour l’usage du cash dans les habitudes de paiement quotidien, y compris lorsque l’infrastructure de paiement électronique est disponible chez le commerçant. Le reste des transactions se répartit entre les opérations de télécompensation, avec 141 767 transactions, et les compensations bilatérales interbancaires, plus marginales avec seulement 1 313 opérations sur le mois.
Certaines disparités entre établissements bancaires méritent également d’être soulignées. BGFIBank concentre le plus grand nombre de transactions au distributeur automatique, avec 154 356 opérations sur le mois, suivie par AFG Bank avec 211 516 transactions, cette dernière devançant même le leader du marché sur ce segment précis. Sur le volet des terminaux de paiement électronique, BGFIBank domine largement avec 139 224 transactions, loin devant AFG Bank, qui n’en comptabilise que 18 953, un écart qui suggère une stratégie commerciale plus affirmée de BGFIBank auprès des commerçants équipés en TPE.
Le montant total des transactions domestiques interbancaires, regroupant les chèques et virements traités via les systèmes Systac, Sygma et les compensations bilatérales, atteint quant à lui 960,391 milliards de francs CFA sur le mois. À cela s’ajoutent 289,017 milliards de francs CFA de transferts internationaux émis, y compris les opérations sous Crédoc, illustrant un volume significatif d’échanges financiers avec l’étranger pour une économie de la taille du Gabon.
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