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Fer de Bélinga : Le Gabon verrouille les intérêts de l’État avant le passage à l’investissement

30 septembre 2026Mis à jour le 30 septembre 2026Temps de lecture 3 min
Fer de Bélinga : Le Gabon verrouille les intérêts de l’État avant le passage à l’investissement
L'ECONOMIE

Alors que le groupe australien Fortescue vise une première expédition en 2030, sous réserve notamment d’une décision finale d’investissement, Libreville cherche à sécuriser sa participation stratégique et les retombées économiques du futur complexe minier.

Le projet de fer de Bélinga entre dans une phase où la question n’est plus seulement celle du potentiel du gisement, mais des conditions de son passage à l’échelle industrielle. Réunis le 28 septembre 2026 au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à Libreville, le gouvernement gabonais et Fortescue ont fait le point sur l’avancement du projet et sur les prochaines étapes. La rencontre était présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, en présence d’une délégation du groupe australien conduite par son président, Andrew Forrest.

Le message de Libreville porte désormais sur la structure du partenariat. Le gouvernement entend préserver sa « participation, [sa] maîtrise stratégique et [ses] intérêts, à long terme » tout en s’appuyant sur les capacités opérationnelles d’un partenaire industriel international. « Nous devons trouver le point d’équilibre entre l’expérience et la capacité opérationnelle d’un partenaire industriel de dimension internationale, d’une part, et la participation, la maîtrise stratégique et les intérêts, à long terme, de l’État gabonais, d’autre part », a déclaré Hermann Immongault. Il a ajouté : « Nous avons à coeur de bâtir un partenariat économique robuste, juridiquement clair et politiquement soutenable, qui repose sur la confiance et la transparence ».

Cette position intervient alors que Bélinga n’a pas encore franchi le principal seuil financier de son développement. Le projet reste dans une phase d’exploration et d’études. Fortescue envisage une première expédition commerciale en 2030, mais cette échéance demeure conditionnée à une décision finale d’investissement, à la poursuite des études et à l’obtention des autorisations nécessaires. Le gouvernement gabonais rappelle lui-même que le passage à l’exploitation suppose également des infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques structurantes.

Le décalage entre les travaux déjà réalisés et la décision industrielle à venir constitue ainsi le principal enjeu. À fin août, Fortescue avait indiqué avoir réalisé plus de 225 000 mètres de forage à circulation inverse sur 1 470 trous, auxquels s’ajoutaient plus de 17 500 mètres de forage au diamant. L’exploration s’est également étendue à Batouala et doit se poursuivre à Boka Boka.

Fortescue cherche, de son côté, à rassurer sur sa capacité à construire un projet intégré. Andrew Forrest a affirmé : « Une chose est certaine : ce projet sera réalisé. Il sera efficace et il sera sûr ». Le groupe a notamment présenté au gouvernement l’expertise de onze partenaires industriels dans les systèmes électriques pour les équipements miniers, le fret ferroviaire lourd, le stockage d’énergie et les micro-réseaux.

Mais cette démonstration technologique ne vaut pas encore décision d’investissement. C’est précisément sur ce point que se joue la prochaine étape de Bélinga. Fortescue détient indirectement 72 % d’Ivindo Iron, l’entité opératrice du projet. Le développement à grande échelle devra donc traduire les engagements industriels annoncés en financement, infrastructures et calendrier d’exécution.

Pour Libreville, l’enjeu est également de s’assurer que le futur complexe minier ne se limite pas à l’exportation du minerai. Le gouvernement lie explicitement Bélinga à la transformation économique, à la valorisation des ressources nationales et aux retombées locales. Le projet soutient déjà 1 246 emplois directs et indirects, dont plus de 82 % occupés par des Gabonais, selon les données communiquées en août.

Le rendez-vous du 28 septembre marque ainsi moins le démarrage de Bélinga que la clarification des conditions de son prochain basculement : de l’exploration vers un investissement industriel de grande ampleur. Tant que la décision finale d’investissement n’est pas prise, l’horizon 2030 demeure un objectif conditionnel, et non une date garantie.

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Tags :Fer de BélingaFortescueGabon
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