Électricité : Le Cameroun prépare l’exportation de 100 MW vers le Tchad

La Société Nationale de Transport de l’Électricité (Sonatrel) vient de lancer les marchés relatifs à la conception, à la fourniture et à la construction des lignes haute tension de 225 kV destinées à relier les réseaux camerounais et tchadien. Le projet, évalué à 557,5 milliards de FCFA, est soutenu par plusieurs bailleurs internationaux.
Le Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (PIRECT) entre dans une nouvelle phase avec le lancement des marchés destinés à construire les principales infrastructures de transport d’électricité. La Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) recherche des entreprises pour assurer la conception, la fourniture, le montage et la mise en service des lignes haute tension de 225 kV devant relier les deux pays.
Répartis en deux lots, les travaux devront être exécutés sur une période de 34 mois pour chacun d’eux. Le montant des marchés n’a pas été communiqué. Leur lancement marque toutefois une étape structurante pour un projet dont l’ambition dépasse le seul renforcement du réseau camerounais.
Le PIRECT doit en effet assurer la jonction entre le Réseau interconnecté Sud (RIS) et le Réseau interconnecté Nord (RIN) du Cameroun, avant de prolonger cette dorsale électrique jusqu’au Tchad. L’objectif est de créer les conditions permettant au Cameroun d’exporter, à terme, une puissance prévisionnelle de 100 MW vers son voisin.
Cette infrastructure doit notamment s’appuyer sur une ligne principale de 225 kV reliant Ngaoundéré à Maroua, puis N’Djamena. Une seconde liaison de même tension est prévue entre Maroua, Bongor, Guelendeng et N’Djamena. Le programme comprend également des postes de transformation haute tension/moyenne tension et des réseaux de distribution destinés à l’électrification rurale le long des corridors concernés.
La mise en œuvre de ces ouvrages intervient cependant dans un contexte de financement encore sous tension. À l’issue de la revue trimestrielle du projet en 2025, les besoins supplémentaires pour concrétiser les différentes variantes étudiées étaient estimés à environ 150 milliards de FCFA.
À juin 2025, les engagements financiers cumulés atteignaient 461,1 milliards de FCFA, soit environ 82 % du coût global du projet, évalué à 557,5 milliards de FCFA. La Banque mondiale constitue le premier contributeur avec 177 milliards de FCFA, soit 38 % des engagements. Elle est suivie par la Banque africaine de développement avec 147 milliards, soit 32 %, puis par la Banque islamique de développement avec 80 milliards, soit 17 %. L’État du Cameroun apporte pour sa part 55 milliards de FCFA, soit 12 %.
Au-delà des ouvrages de transport, l’interconnexion répond à un objectif d’intégration des systèmes électriques des deux pays. Le projet vise à rapprocher leurs infrastructures de production, de transport et de distribution afin de faciliter les échanges d’électricité. Pour le Cameroun, l’enjeu est aussi de disposer d’un débouché régional pour une partie de sa production. Pour le Tchad, l’interconnexion doit contribuer à renforcer et sécuriser son approvisionnement électrique.
Le lancement des marchés pour les lignes 225 kV place ainsi le PIRECT dans une phase plus concrète de réalisation. Mais l’achèvement de l’ensemble du dispositif dépendra encore de la mobilisation des ressources nécessaires à la couverture du coût total du projet.
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