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Filière avicole : Les États-Unis contestent l’interdiction du poulet importé au Gabon

Francois Gael Mbala19 septembre 2026Mis à jour le 19 septembre 2026Temps de lecture 3 min
Filière avicole : Les États-Unis contestent l’interdiction du poulet importé au Gabon
L'ECONOMIE

À l’approche de l’interdiction des importations de poulet de chair prévue au 1er janvier 2027, le Gabon fait face à une démarche des États-Unis auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Libreville entend défendre sa mesure en s’appuyant sur les exceptions prévues par les accords de l’Organisation et sur la négociation diplomatique.

Le Conseil des ministres du 18 septembre, réuni à Port-Gentil, a pris acte de cette démarche américaine. Selon son communiqué final, le gouvernement doit élaborer une stratégie nationale afin de « prévenir tout contentieux commercial » et de préserver les intérêts économiques du pays.

Le document ne précise toutefois ni l’instance de l’OMC concernée, ni la date de la démarche américaine, ni les arguments avancés par Washington. Le détail des échanges entre les deux pays reste donc à documenter à partir des instances compétentes de l’Organisation.

Une interdiction prévue en janvier 2027

La mesure gabonaise n’est pas nouvelle. Le gouvernement l’a annoncée le 30 mai 2025, en laissant à la filière un délai de 18 mois pour se préparer. À compter du 1er janvier 2027, l’importation de poulet de chair doit ainsi être interdite, dans le cadre de la politique de développement de la production avicole nationale.

Le défi est important pour le marché local, fortement dépendant des importations. Selon des données de la FAO rapportées, le Gabon a importé en moyenne 74 319 tonnes de poulet par an entre 2020 et 2024, pour une production locale moyenne de 4 150 tonnes. La facture des importations aurait atteint 104 millions de dollars en 2024, selon African Leadership Magazine.

Pour accompagner la substitution aux importations, les autorités gabonaises cherchent à renforcer les capacités de la filière locale. Une mission ministérielle effectuée à Dakar en mars 2026 s’est notamment intéressée à l’expérience sénégalaise et aux dispositifs d’appui technique et de structuration de la filière avicole.

Le Sénégal constitue en effet l’une des références citées par Libreville. Le pays a interdit les importations de poulet depuis 2005 et a développé sa production locale au cours des années suivantes. À Libreville, le ministère de l’Agriculture avait également inscrit, dès décembre 2025, la préparation de la filière avec le Groupement d’intérêt avicole parmi ses priorités.

Le dossier des contributions à l’OMC

Le Conseil des ministres a également été informé de la situation des contributions du Gabon à l’OMC. Le pays accuse des arriérés évalués à 228 997 francs suisses, soit environ 164 millions de FCFA.

Selon le communiqué, ces impayés restreignent l’accès de la Mission permanente du Gabon aux documents et aux informations de l’Organisation. Les règles financières de l’OMC prévoient effectivement des mesures administratives pour les membres enregistrant des arriérés depuis au moins un an. Ces mesures varient selon la durée de l’impayé, tandis qu’un plan de paiement peut permettre leur suspension.

Les deux dossiers se rejoignent dans un même contexte institutionnel. D’un côté, le Gabon prépare la défense de sa politique d’importation de produits avicoles face aux préoccupations américaines. De l’autre, il doit régulariser sa situation financière auprès de l’organisation qui encadre les règles du commerce multilatéral.

À un peu plus de trois mois de l’échéance du 1er janvier 2027, plusieurs paramètres restent à préciser. Le gouvernement n’a pas détaillé le calendrier des échanges avec les États-Unis, les exceptions des accords de l’OMC qu’il compte invoquer ni les modalités retenues pour le règlement de ses arriérés.

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Tags :CEMACGaboninterdiction du poulet importéinterdiction du poulet importé au Gabon
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