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Dette extérieure : La Banque mondiale détient près du quart de la dette extérieure du Cameroun

Hervé Fopa Fogang5 août 2026Mis à jour le 5 août 2026Temps de lecture 3 min
CAA Direction Générale
L'ECONOMIE

À fin juin 2026, les financements multilatéraux représentent près de 60 % de la dette extérieure du Cameroun. Au sein de ce portefeuille, la Banque mondiale consolide sa position de premier créancier, tandis que la Chine demeure le principal partenaire bilatéral, selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA).

Le Cameroun continue de s’appuyer principalement sur les bailleurs multilatéraux pour financer ses investissements publics. À fin juin 2026, leur encours atteint 5 540,4 milliards de FCFA, soit 58,6 % de la dette extérieure de l’administration centrale, d’après la note de conjoncture publiée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA).

Cette composante poursuit sa progression, enregistrant une hausse de 2,0 % en variation mensuelle, de 2,2 % sur le trimestre et de 10,9 % en glissement annuel, traduisant le recours croissant du pays aux financements concessionnels pour soutenir ses projets de développement.

Au sein de ce portefeuille, la Banque mondiale, à travers l’Association internationale de développement (IDA) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), demeure le premier créancier du Cameroun. L’institution de Bretton Woods concentre 40,8 % de la dette multilatérale, soit 24 % de l’ensemble de la dette extérieure du pays.

Elle devance le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui représente 21,9 % de la dette multilatérale, correspondant à 12,9 % de la dette extérieure totale. Le Fonds monétaire international (FMI), hors allocations de droits de tirage spéciaux (DTS), complète le trio de tête avec 16,9 % de la dette multilatérale, soit 9,9 % de l’encours extérieur.

La Chine reste le principal créancier bilatéral

Après les bailleurs multilatéraux, les créanciers bilatéraux constituent la deuxième source de financement extérieur du Cameroun. Leur encours s’élève à 2 402,9 milliards de FCFA, soit 25,4 % de la dette extérieure.

Cette composante progresse de 1,3 % sur un mois, après un léger recul de 0,2 % au trimestre précédent et de 5,9 % sur un an.

La République populaire de Chine conserve une position largement dominante parmi les partenaires bilatéraux. À elle seule, elle détient 65,2 % de cette catégorie de créances, ce qui représente 16,7 % de la dette extérieure totale du Cameroun. Cette prépondérance confirme le rôle central joué par Pékin dans le financement des infrastructures camerounaises au cours des deux dernières décennies.

Les prêteurs commerciaux occupent la troisième position, avec un encours de 1 509,3 milliards de FCFA, représentant 16 % du portefeuille extérieur.

Une dette concentrée sur quelques partenaires

Au-delà de son niveau, la structure de la dette extérieure camerounaise révèle une forte concentration des engagements auprès d’un nombre limité d’institutions financières internationales et d’États partenaires.

Cette configuration présente plusieurs avantages, notamment l’accès à des financements concessionnels, à des maturités longues et à des conditions financières généralement plus favorables que celles des marchés internationaux. Elle expose toutefois le pays à une dépendance accrue vis-à-vis d’un cercle restreint de bailleurs, dont les orientations en matière de financement peuvent influencer le rythme de mobilisation des ressources extérieures.

Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à maintenir un équilibre entre le recours aux financements concessionnels, la diversification des sources de financement et la soutenabilité de la dette publique, alors que les besoins en infrastructures et en investissements productifs demeurent élevés.

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Tags :AfriqueCAAdette extérieure
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