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BVMAC : Une capitalisation boursière figée à 477,75 milliards FCFA

Fadira Etonde15 janvier 2026Mis à jour le 15 janvier 2026Temps de lecture 3 min
SOCAPALM assure l'unique transaction de la séance du 28 janvier
L'ECONOMIE

Malgré un bref regain d’activité le 12 janvier, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) replonge dans l’inertie. L’absence de transactions et le blocage des ordres en carnet soulignent les défis structurels de ce marché financier.

Depuis la séance du 12 janvier, où 15 actions SAFACAM et SCG-Re ont été échangées pour un montant modeste de 365 000 FCFA — le marché secondaire est désespérément calme. Les bulletins récents (n°2426 à n°2429) illustrent une léthargie profonde du marché primaire, qui contraste avec la résilience des OPCVM.

Le 14 janvier, aucune des six actions cotées n’a fait l’objet de transactions, laissant les cours inchangés. Les carnets d’ordres révèlent un déséquilibre persistant : 426 actions sont demandées (SEMC, SAFACAM, SOCAPALM) face à 1 623 titres offerts (notamment La Régionale et SCG-Re). Ce décalage chronique entre les prix d’achat et de vente bloque toute exécution, maintenant la capitalisation boursière à 477,75 milliards FCFA (pour un flottant de 69,57 milliards).

Le marché obligataire en quête de profondeur

Bien qu’il soit le pilier de la cote avec un encours de 1 305 milliards FCFA (détenu à 80 % par les États de la CEMAC), le marché obligataire est à l’agonie. Aucun volume n’a été enregistré depuis la fin de l’année 2025. Seule subsiste une offre résiduelle sur la ligne ALIOS-05. Ce gel de l’activité témoigne d’une préférence marquée pour le marché primaire (émissions directes auprès des banques), au détriment d’un marché secondaire qui peine à gagner en profondeur.

Implications macroéconomiques pour la CEMAC

Cette faible liquidité est le symptôme de maux structurels : un nombre limité d’émetteurs et une domination quasi exclusive des investisseurs institutionnels, reléguant les particuliers à la marge.

Pourtant, la zone CEMAC affiche une certaine dynamique avec une croissance de 2,4 % en 2025, projetée à 3,5 % en 2026 grâce au secteur non-pétrolier. Cependant, le poids de la dette publique (environ 85 % du PIB) et la dépendance aux ressources extractives freinent l’essor du marché des capitaux. Aujourd’hui, la BVMAC couvre moins de 5 % du financement des États de la zone, loin des 20 à 30 % observés sur la BRVM (UEMOA). Cette sous-utilisation des mécanismes boursiers limite la diversification financière et expose les économies régionales à la volatilité des taux bancaires.

La résilience des OPCVM : un refuge pour les investisseurs

À l’opposé de la morosité des titres vifs, les OPCVM (plus de 50 fonds listés) affichent une santé robuste. Avec des performances hebdomadaires stables (0,02 % à 0,13 %) et des rendements historiques pouvant atteindre 56 % (cas de ASCA Horizon depuis 2018), ils séduisent par leur prudence.

Les fonds monétaires et obligataires dominent, offrant des rendements moyens de 4 à 6 % — des taux supérieurs aux dépôts bancaires classiques dans un contexte d’inflation maîtrisée (< 3 % en 2026). Selon les rapports d’Africa Bright et de Harvest, les encours des OPCVM en CEMAC dépasseraient les 500 milliards FCFA à fin 2025, s’imposant comme une alternative liquide et diversifiée dans un paysage financier où les banques concentrent encore 90 % des actifs.

Pour sortir de son statut de marché de niche, la BVMAC doit impérativement renforcer la gouvernance des émetteurs et l’éducation financière. L’accélération du développement boursier demeure capitale pour financer la diversification économique de l’après-pétrole en CEMAC.

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Tags :Actualité du CamerounBvmacMarché boursier
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