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BVMAC : Socapalm s’envole de 10% et redonne des couleurs à la capitalisation boursière

Fadira Etonde18 mars 2026Mis à jour le 18 mars 2026Temps de lecture 3 min
Marché financier :Les compagnies d’assurances boudent la Bvmac
L'ECONOMIE

Le verrou de l’illiquidité a enfin sauté sur la place financière régionale. Après une série de séances blanches, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) affiche un net regain de forme ce mardi 17 mars 2026. Le Bulletin officiel de la côte n° 2471 acte le réveil des volumes sur le compartiment des actions, porté par une transaction stratégique sur le titre Socapalm. Ce flux, bien que modeste en valeur absolue avec 15,4 millions de FCFA transigés, a provoqué un décalage immédiat des cours. Cette impulsion propulse l’indice All Share à 1 147,20 points et permet à la capitalisation boursière globale de repasser la barre symbolique des 500 milliards, s’établissant précisément à 504,54 milliards de FCFA.

Socapalm s’impose comme la locomotive du compartiment actions

Le pivot central de cette séance demeure incontestablement la Socapalm. En s’adjugeant une croissance de 10 %, soit le maximum autorisé par les seuils de fluctuation quotidienne, le titre se hisse désormais à 55 000 FCFA. L’échange de 280 actions, réalisé en seulement deux transactions, démontre qu’un consensus de prix reste possible lorsque la qualité de l’actif l’emporte sur la prudence des opérateurs. Pour autant, la demande n’est pas totalement assouvie par cette reprise. Le carnet d’ordres révèle que 169 intentions d’achat restent en attente, face à une offre résiduelle de seulement cinq unités. Ce déséquilibre structurel laisse présager une poursuite de la tendance haussière si de nouveaux cédants ne se manifestent pas rapidement pour fluidifier l’offre.

Le paradoxe Safacam et l’inertie du marché obligataire

À l’inverse, le dossier Safacam illustre parfaitement le mal boursier persistant de la zone CEMAC. Pour la première fois depuis plusieurs séances, les volumes demandés et offerts coïncident exactement à 40 titres. Pourtant, aucune transaction n’a été validée par le système de cotation. La raison de ce blocage est purement technique car les prix proposés par les acheteurs demeurent inférieurs aux prétentions des vendeurs. Ce bras de fer psychologique entre investisseurs maintient le titre dans une zone d’ombre, empêchant toute formation de cours réelle malgré une profondeur de carnet qui tend à s’améliorer.

Sur le front de la dette, le calme reste plat avec un encours obligataire global figé à 1 422,37 milliards de FCFA. Les investisseurs institutionnels, ancrés dans une logique de portage pur, refusent de céder leurs positions, privant le marché secondaire de toute animation. Les lignes souveraines du Cameroun et du Gabon, bien que rémunératrices, ne font l’objet d’aucun mouvement notable. Ce constat de stagnation s’étend également au papier privé. L’offre de 20 000 titres sur Alios Finance (AFC05) à 100 % du nominal ne rencontre toujours aucune contrepartie, confirmant que le compartiment obligataire reste le parent pauvre de la liquidité régionale.

La gestion collective tire profit de la dualité du marché

Cette configuration hybride du marché profite directement aux Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM), qui s’imposent comme les véhicules d’investissement les plus agiles du moment. Des fonds comme le FCP Harvest Actions CEMAC, en hausse de 3,26 %, ou le FCP AB Avenir, avec une performance cumulée de 24,14 %, captent l’essentiel de la valeur créée sur la place de Douala. Pour les gérants de portefeuilles, la sélectivité est devenue la règle d’or. Ces derniers arbitrent systématiquement en faveur des valeurs capables de générer du flux, délaissant les lignes dont l’étroitesse handicape toute stratégie de sortie de position.

Si la Socapalm a joué son rôle de moteur ce mardi, la BVMAC doit désormais prouver sa capacité à élargir cette dynamique aux autres émetteurs de la côte. Pour les analystes financiers, le prochain test majeur résidera dans la capacité des ordres en carnet sur Safacam ou Bange à trouver un point d’équilibre tarifaire. C’est à cette condition seule que la place financière pourra transformer ce rebond technique en une croissance solide et durable pour l’économie de la sous-région.

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Tags :AfriqueBvmacCEMACSocapalm
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