BVMAC : Les échanges tournent au ralenti faute d’accord sur les prix

La séance boursière du 29 juillet 2026 s’est soldée par une activité particulièrement faible sur la place financière régionale. Le désaccord persistant sur les prix entre l’offre et la demande limite drastiquement les échanges, tandis que le compartiment obligataire reste à l’arrêt.
L’immobilisme s’installe durablement à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale. Le mercredi 29 juillet 2026, l’indice de référence BVMAC-AS n’a pas cillé, figé à 1 134,98 points au terme d’une séance qui semble avoir été boudée par les investisseurs de la zone Cemac. La capitalisation boursière globale s’est maintenue à un peu plus de 1 802 milliards de FCFA, sans la moindre création de valeur sur la journée.
Sur le compartiment actions, l’animation s’est résumée au strict minimum. Seuls 30 titres ont changé de main pour une valeur transigée famélique. Dans le détail, 28 actions Socapalm ont été échangées au prix unitaire inchangé de 50 000 FCFA, accompagnées d’une transaction anecdotique portant sur 2 actions du réassureur gabonais SCG-Ré, cédées à 20 000 FCFA l’unité. Le marché obligataire, pourtant lourd de ses 32 lignes et de ses 1 228 milliards de FCFA d’encours de dette, est quant à lui resté totalement muet. Aucune obligation d’État, ni régionale, ni privée n’a fait l’objet d’un échange.
Plus révélateur que la simple faiblesse des volumes, c’est l’asymétrie du carnet d’ordres qui cristallise les maux actuels du marché secondaire. Les positions enregistrées par les sociétés de bourse témoignent d’un décalage profond entre les attentes des acheteurs et celles des vendeurs. D’un côté, la demande est forte, mais insatisfaite. Les investisseurs se positionnent à l’achat sur Safacam (884 titres demandés), BGFI Holding Corporation (2 456 titres recherchés) et, dans une moindre mesure, la Société des eaux minérales du Cameroun (20 titres demandés), mais se heurtent à des détenteurs qui refusent de céder leurs parts aux cours actuels.
De l’autre côté, l’offre surabonde sur plusieurs valeurs sans trouver preneur. Le marché compte ainsi 5 679 actions Socapalm, 234 actions La Régionale, 531 actions SCG-Ré et 70 actions BANGE offertes à la vente, qui restent désespérément en suspens. Le cas de SCG-Ré illustre à lui seul cette impasse, la valeur ayant fait l’objet d’une transaction symbolique de 2 actions tandis que plus de 500 titres supplémentaires attendent toujours preneur.
Cette dichotomie fige les cours et asphyxie la liquidité. Elle illustre avec brutalité le défi structurel qui pèse aujourd’hui sur le marché financier de la Cemac. Tant que l’offre et la demande se regarderont en chiens de faïence, la place financière peinera à jouer son rôle de baromètre économique dynamique.
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