BVMAC : La valeur des échanges recule de 85% quand le nombre de transactions bondit de 119%

En un an, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale a presque doublé son rythme de transactions sans retenir l’essentiel à savoir, l’argent qui circule. Un paradoxe que la synthèse trimestrielle du BOC du deuxième trimestre 2026, documente sans le nommer.
322 transactions ont été enregistrées à la BVMAC entre avril et juin 2026, contre 147 un an plus tôt. Il aurait fallu s’en réjouir si la valeur totale des échanges n’avait pas chuté de 85% sur la même période. Le contraste est net. Le nombre d’opérations grimpe de 119% en glissement annuel, porté par 19 sociétés de bourse actives sur 20 agréées. Mais le volume de titres échangés recule de 272 508 à 18 943, soit 93% de moins, et la valeur globale suit la même pente, à 421,9 millions de FCFA contre 2,83 milliards. En d’autres termes, un franc sur 6,7 échangés au deuxième trimestre 2025 a disparu de la circulation un an plus tard.
Ce trimestre tranche avec le début d’année. Au premier trimestre 2026, la valeur des transactions avait été multipliée par sept, portée par l’anticipation de l’entrée en Bourse de BGFI Holding Corporation, effective le 7 mai. Trois mois plus tard, cette dynamique s’est retournée. La cotation de la nouvelle valeur phare n’a pas suffi à maintenir le rythme des échanges en valeur, même si son cours a continué de progresser jusqu’à 90 000 FCFA à la mi-juin. Le compartiment actions concentre l’essentiel de l’activité, avec 316 transactions sur les 322 recensées ( soit 98,14% du total), mais ne pèse que 289,9 millions de FCFA. Les échanges sont restés cantonnés à quatre titres sur les sept cotés, notamment, sur BGFI Holding Corporation, Socapalm, Safacam et SCG-Ré, laissant les trois autres valeurs de la cote sans acheteur ni vendeur pendant tout le trimestre.
Au rang des sociétés de bourse, SG Capital Cemac a traité 212 transactions pour un ticket moyen de 361 278 FCFA, quand Ess Bourse a généré 50 millions de FCFA en seulement deux opérations, soit un ticket moyen 69 fois supérieur. Les deux sociétés terminent respectivement première et troisième du classement trimestriel, preuve que la fréquence et la taille des ordres mènent à la même place sur ce marché. La hausse du nombre de transactions ne dit donc rien de la profondeur du marché. Elle mesure une agitation de surface, pendant que les montants réellement mobilisés reculent d’un trimestre à l’autre. La BVMAC gagne donc ainsi en fréquence ce qu’elle perd en épaisseur. Tant que les carnets d’ordres resteront désertés par les gros porteurs, chaque transaction supplémentaire ne fera que diluer davantage un marché où l’activité se compte, mais où l’argent, lui, se raréfie.
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