BVMAC : BGFI Holding Corporation monopolise 17,5 millions FCFA de liquidités dans un marché figé par les écarts d’offre et de demande

Une unique transaction sur BGFI Holding Corporation a occupé toute l’activité du marché actions le mardi 11 août 2026, tandis que le compartiment obligataire n’a enregistré aucun échange sur ses 32 lignes. Le vrai signal du jour vient du carnet d’ordres de Socapalm, où acheteurs et vendeurs affichent leurs intentions sans jamais se croiser.
La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale a offert le mardi 11 août 2026 le visage d’un marché mono-produit. Au lendemain d’une séance insignifiante réduite à 500 000 FCFA, la valeur globale transigée sur la place de Douala a bondi de 3 410 % pour s’établir à 17,55 millions de FCFA. Un sursaut spectaculaire en apparence, mais dont l’intégralité repose sur la seule valeur BGFI Holding Corporation. Les six autres valeurs, de la Société des Eaux Minérales du Cameroun à la Régionale Épargne et Crédit, sont restées silencieuses.
Au cours de la séance officielle n° 2570, les intermédiaires financiers ont centralisé 5 transactions sur le titre bancaire gabonais, portant sur un total de 195 actions négociées au cours fixe de 90 000 FCFA. Cette absorption ciblée a permis d’épurer une partie de la demande en attente, ramenant le volume de titres recherchés à l’achat sur BGFI Holding Corporation de 666 à 471 actions. Exécutés au cours de compensation de la veille, ces échanges n’ont insufflé aucune variation au marché. Mécaniquement, l’indice BVMAC All Share n’a pas varié pas d’un point, stable à 1 138,20, et la capitalisation globale demeure scellée à 1 802 418 887 800 FCFA.
Hormis cette parenthèse sur la valeur phare du secteur bancaire, la cote sous-régionale est demeurée totalement stérile. Le phénomène le plus éclairant concerne la valeur agro-industrielle SOCAPALM sur qui, malgré la présence simultanée d’intentions d’achat pour 15 titres et d’ordres de vente pour 5 606 actions, aucune transaction n’a pu se concrétiser en raison d’un écart insatisfait entre le prix proposé par les acheteurs et celui exigé par les vendeurs. Parallèlement, le carnet révèle un engorgement massif à l’offre sur la SCG-Ré, où les intentions de vente ont brusquement bondi à 7 406 titres (représentant un montant de plus de 148 millions de FCFA) sans trouver le moindre relai acheteur.
Le compartiment obligataire n’a pas fait mieux. Sur les 32 lignes cotées, notamment celles de la dette souveraine du Cameroun, du Gabon et du Tchad, la dette régionale de la BDEAC, la dette privée d’Alios Finance, d’Acep Cameroun ou de la SNPC, aucune transaction n’a été enregistrée. L’encours est resté stable à 1 228 202 927 690 FCFA, rappelant en creux la fonction première de la BVMAC qui est de financer les États et les entreprises de la zone, plus qu’organiser l’échange quotidien de leurs titres.
En braquant le projecteur sur la seule valeur BGFI HC, cette séance met à nu le nœud gordien de la BVMAC : l’absence d’ajustement dynamique des cours face aux prix de réserve des investisseurs. Tant que les carnets d’ordres resteront paralysés par des écarts bloquants et privés de teneurs de marché pour assurer la contrepartie, la Bourse de Douala continuera d’osciller entre des accès de liquidité opportunistes et de longs passages à vide.
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