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Alerte : 20 % des terres à café arabica ne pourront plus en produire d’ici 2050

Fadira Etonde2 avril 2026Mis à jour le 2 avril 2026Temps de lecture 2 min
Alerte : 20 % des terres à café arabica ne pourront plus en produire d’ici 2050
L'ECONOMIE

C’est un véritable coup de tonnerre pour les amoureux de café du monde entier. Votre tasse du matin pourrait bientôt avoir un goût très amer, voire devenir un produit de luxe inaccessible. Le café, qui s’impose fièrement comme la troisième boisson la plus consommée à l’échelle planétaire après l’eau et le thé, s’apprête à traverser de fortes zones de turbulences. Une étude publiée par le groupe bancaire néerlandais Rabobank révèle qu’environ 20 % des surfaces actuellement dédiées à la culture du café arabica pourraient devenir totalement inaptes à la production à l’horizon 2050. Cette proportion alarmante représente plus du double de la superficie considérée comme actuellement inadaptée pour cette variété très sensible aux variations du thermomètre.

Les auteurs rappellent que pour offrir ses meilleurs arômes, l’arabica exige des conditions climatiques extrêmement spécifiques : des températures douces, des pluies saisonnières régulières et un ombrage protecteur. Or, la hausse du mercure et le détraquement des saisons s’apprêtent à bousculer la géographie mondiale de la production. Si certains pays s’en sortent mieux, à l’instar de l’Éthiopie qui pourrait voir ses zones très favorables tripler, d’autres comme le Honduras foncent droit dans le mur, avec un effondrement de leurs espaces cultivables de 53 % à un minuscule 12 %.

Le Cameroun se retrouve lui aussi directement dans l’œil du cyclone. Cette crise mondiale vient percuter de plein fouet les ambitions nationales alors que la filière camerounaise tente désespérément de renaître de ses cendres. Le pays a pourtant enregistré une belle victoire en voyant sa production nationale grimper à 11 637 tonnes lors de la campagne 2024-2025, soit un rebond spectaculaire de près de 10 %. Les autorités maintiennent d’ailleurs une pression maximale pour atteindre la barre symbolique des 16 000 tonnes pour la saison 2026. Mais l’arabica camerounais, jalousement cultivé dans les terres d’altitude de l’Ouest et du Nord-Ouest, se retrouve désormais en première ligne face aux chocs météo.

La décennie actuelle s’annonce donc décisive pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur. Rabobank insiste sur le fait que les importateurs et les torréfacteurs devront passer d’une simple logique de réaction à une véritable planification proactive. Au Cameroun, pour sauver les plantations et le gagne-pain des producteurs locaux, l’heure n’est plus aux discours mais aux actes : il faut d’urgence créer des plantes résistantes à la sécheresse et généraliser l’agroforesterie avant qu’il ne soit trop tard. Le compte à rebours est lancé.

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Tags :AfriquecaféCEMAC
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