Yaoundé : Les tarifs des taxis augmentent après le durcissement des contrôles

Le contrôle des QR codes et des numéros uniques sur les portières réduit le nombre de taxis disponibles. Sur plusieurs axes, les courses connaissent des hausses pouvant atteindre 150 FCFA.
Depuis le lancement des contrôles municipaux, le 6 octobre 2026, les déplacements en taxi coûtent plus cher à Yaoundé. La réduction du nombre de véhicules en circulation, rapportée par les usagers, raréfie l’offre sur plusieurs axes et favorise une hausse des tarifs. Une course entre Essos et la Poste centrale, habituellement facturée à 150 FCFA, peut désormais atteindre 300 FCFA. À Ngoa-Ekellé, certains trajets sont passés de 350 à 400, voire 500 FCFA.
Ces augmentations pèsent sur les budgets des étudiants et des travailleurs qui empruntent quotidiennement ces itinéraires. « Avec les cours à l’université, on doit souvent se déplacer plusieurs fois dans la journée. Quand le trajet qui coûtait 350 FCFA passe à 500 FCFA, cela devient compliqué à gérer avec un budget d’étudiant », témoigne Ann Evezo’o, étudiante à l’Université de Yaoundé I.
La diminution des taxis disponibles allonge également les temps d’attente aux principaux points de prise en charge, notamment à Mvan, Etoudi, Emana, à la Poste centrale, à Nlongkak et au dispensaire Messassi. Les véhicules encore en circulation sont rapidement sollicités, obligeant certains passagers à patienter avant de trouver une place. Ces retards compliquent les déplacements vers les lieux de travail et les établissements d’enseignement.
Près de 15 000 taxis encore non enregistrés
À l’origine de ces perturbations, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a renforcé les contrôles portant sur les QR codes et les numéros uniques désormais exigés sur les portières des taxis. L’opération vise à mieux identifier les véhicules, à lutter contre les fausses plaques et à renforcer la sécurité des passagers.
« Dans le cadre des contrôles, des véhicules ont été mis en fourrière et c’est ce qui rend la circulation difficile », explique Jean Paul, un transporteur dans la ville de Yaoundé.
Selon les chiffres attribués aux autorités municipales, environ 20 000 taxis ont été enregistrés sur les 35 000 attendus. Près de 15 000 véhicules resteraient donc à régulariser. Certains conducteurs rencontreraient des difficultés liées notamment aux cartes grises et à la mise à jour des documents administratifs.
En attendant l’enregistrement du reste du parc, les usagers subissent les effets d’une offre de transport plus limitée. La hausse des tarifs et l’allongement des attentes constituent une charge supplémentaire pour les ménages, particulièrement ceux dont les déplacements quotidiens dépendent du taxi.
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