Or de Bibemi : Oriole Resources négocie son permis d’exploitation avec l’État

Estimé à 460 000 onces d’or, le gisement de la région du Nord Cameroun nécessite un investissement initial de 60,4 millions de dollars. Le projet minier reste conditionné à l’aboutissement des négociations avec les autorités camerounaises.
Oriole Resources est entrée en phase de négociation avec l’État camerounais pour obtenir le permis d’exploitation de son gisement aurifère de Bibemi, dans la région du Nord. Son directeur général, Martin Rosser, a confirmé cette évolution le 12 octobre 2026, à l’issue d’une audience avec le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga. L’obtention du permis constitue une étape déterminante pour la transformation de ce projet d’exploration en activité minière commerciale.
Les ressources minérales de Bibemi sont estimées à 460 000 onces d’or, soit environ 14,3 tonnes. Selon l’évaluation publiée par la société, ce volume comprend 100 000 onces de ressources indiquées et 360 000 onces de ressources présumées. Ces catégories présentent des niveaux de confiance géologique différents et ne correspondent pas intégralement à des réserves économiquement exploitables.
Le plan minier initial est nettement plus limité. L’évaluation économique préliminaire retient un scénario d’exploitation à ciel ouvert portant sur environ 89 000 onces d’or contenu, pour une production totale estimée à 72 000 onces sur sept ans, soit près de 2,24 tonnes d’or récupéré. La production annuelle moyenne serait d’environ 10 000 onces.
Le développement de cette première mine nécessiterait un investissement initial de 60,4 millions de dollars, soit environ 52 millions d’euros selon les estimations publiées. Sur la base d’un cours de l’or de 3 200 dollars l’once, Oriole prévoit un délai de récupération de cet investissement de quatre ans. La valeur actuelle nette après impôts est estimée à 12,8 millions de dollars, avec un taux de rentabilité interne de 19 %. Ces projections restent soumises aux hypothèses techniques et économiques retenues, ainsi qu’aux conditions fiscales et tarifaires à négocier.
Le projet est détenu à parts égales par Oriole Resources et BCM International, groupe minier ghanéen. En novembre 2025, BCM a acquis une participation de 50 % après avoir satisfait aux conditions de son accord d’investissement, comprenant notamment des dépenses d’exploration supplémentaires de 4 millions de dollars.
Le calendrier administratif a toutefois évolué. Oriole avait déposé sa demande de permis en juin 2024, avant de transmettre une version actualisée en décembre 2025 intégrant de nouvelles données techniques et économiques. L’entreprise visait alors une délivrance avant la fin du premier semestre 2026. Cette échéance est dépassée, sans qu’une nouvelle date ait été annoncée.
Les négociations doivent notamment permettre de formaliser la convention minière et ses conditions fiscales. Leur aboutissement déterminera le calendrier de développement de Bibemi et les conditions dans lesquelles les ressources identifiées pourront être converties en production commerciale.
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