La séance enregistre un bilan nul. Les six valeurs cotées (SEMC, SAFACAM, SOCAPALM, La Régionale, BANGE, SCG-Re) restent figées. La capitalisation globale stagne à 477,75 milliards FCFA et l’indice All Share demeure cloué à 1 074,33 points. Le compartiment obligataire, fort de 31 lignes et 1 305 milliards FCFA d’encours, cumule sa cinquième séance consécutive sans échange.
Cette paralysie révèle un déséquilibre croissant. Les carnets d’ordres affichent 313 actions demandées contre 1 391 offertes, soit un ratio de 1 pour 4,4. Sur SEMC, l’écart de prix bloque tout échange. Sur La Régionale, 507 actions attendent preneur. Plus flagrant encore, sur SAFACAM, 153 actions sont demandées contre aucune offre, inversant la tendance de la veille sans pour autant dénouer de transaction.
Cette situation illustre l’absence de teneurs de marché. À titre comparatif, la BRVM d’Abidjan impose depuis 2018 des market makers pour garantir des écarts bid-ask contenus. Sur la BVMAC, ces écarts paralysent tout arbitrage, un problème aggravé par l’étroitesse du flottant moyen.
Le segment obligataire souffre d’une inertie similaire. Malgré des rendements nets attractifs (entre 6,2% et 7,5% sur les obligations d’État), aucun ordre ne se concrétise sur les lignes EGA12, EGA15 ou ALIOS-05, faute de contrepartie.
Cette atonie confirme la préférence des investisseurs pour la gestion collective.
Les OPCVM (FCP AB Avenir, ASCA Patrimoine, etc.) captent l’essentiel des flux, offrant la liquidité et la diversification que la cote officielle ne garantit plus.
L’écart de ratio entre achat et vente témoigne d’un échec de la formation des prix : sans mécanisme d’ajustement ni intermédiaire actif, acheteurs et vendeurs ne se rencontrent jamais. Cette séance blanche rappelle l’urgence des réformes : élargissement du flottant, introduction de teneurs de marché, digitalisation du trading et mobilisation de l’épargne institutionnelle. La BVMAC dispose d’atouts réels dans l’agro-industrie et la finance, mais sans liquidité, ces actifs restent inaccessibles. Cette journée morte en est le symptôme le plus criant.


