Santé et économie : Le yoga, ce remède low-cost que l’Inde exporte à Douala face à la facture du grand âge

Derrière les tapis déroulés le dimanche 21 juin 2026 au Cercle municipal de Bonassama, une équation économique se joue : celle du coût du vieillissement en Afrique.
Des pratiquants ont exécuté postures et exercices de respiration pendant près d’une heure, encadrés par des instructeurs, pour la 12e Journée internationale du yoga. Organisée par le Consulat honoraire de l’Inde à Douala avec la Communauté urbaine de Douala, la cérémonie a réuni autorités administratives, chefs traditionnels et diaspora indienne.
Le thème retenu par le ministère indien de l’Ayush, « Yoga for Healthy Aging », dépasse le simple exercice. Selon l’OMS, la population âgée d’Afrique subsaharienne, 43 millions en 2010, devrait atteindre 163 millions en 2050. Les maladies chroniques liées à l’âge coûtent déjà 3 442 259 milliards de FCFA (6 000 milliards de dollars) par an à l’économie mondiale, facture appelée à doubler d’ici 2030, selon des projections relayées par le think tank Askaan Santé. Face à ce mur, le yoga s’impose comme un outil préventif peu onéreux, sans matériel ni infrastructure lourde.
À New Delhi, le ministère de l’Ayush affirme que plus de 200 000 personnes ont suivi sa formation gratuite « Yoga 365 » lancée cette année. « Si l’on n’est pas bien mentalement, on ne peut pas être bien physiquement », a résumé le consul honoraire de l’Inde à Douala, Ravi Kumar, qui s’est félicité de la coopération avec la Communauté urbaine de Douala pour organiser la journée. Sa Majesté Jean-Yves Eboumbou Douala Manga Bell, chef supérieur du canton Bell et ancien judoka, a livré un parallèle historique : « L’Inde a été colonisée comme nous. Aujourd’hui, elle s’impose dans le monde à travers le yoga en partageant sa sagesse avec les autres peuples. »
Au-delà du symbole, cette diplomatie du bien-être sert aussi les intérêts de New Delhi, qui érige le yoga en vecteur d’influence économique et culturelle. Pour Douala, l’enjeu reste local à savoir : réduire, tapis après tapis, la pression future sur des systèmes de santé déjà fragiles.
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