Exportations vers la Chine : La CCIMA prépare les exportateurs camerounais au certificat d’origine électronique

Alors que la Chine ouvre son marché sans droits de douane aux produits des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, la la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) veut sécuriser la procédure permettant aux exportateurs camerounais d’en bénéficier.
La gratuité tarifaire accordée par la Chine ne garantit pas, à elle seule, l’accès des produits camerounais à son marché. Pour bénéficier de cette préférence, les exportateurs doivent notamment apporter la preuve de l’origine de leurs marchandises. C’est dans ce contexte que la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) a organisé, le 29 septembre 2026 à Douala, une session de formation consacrée au traitement électronique des certificats d’origine préférentiels chinois.
Organisée à l’initiative de l’ambassade de Chine au Cameroun, avec l’Administration générale des douanes de Chine (GACC), la formation a réuni les cadres de la CCIMA ainsi que plusieurs administrations et acteurs du commerce extérieur, dont l’Office national du cacao et du café (ONCC). L’objectif est de maîtriser la plateforme numérique désormais utilisée pour la délivrance et la transmission des certificats.
Depuis le 1er mai 2026, Pékin applique un régime « zéro droit de douane » aux 53 pays africains avec lesquels la Chine entretient des relations diplomatiques. Pour les opérateurs camerounais, cette mesure ouvre un potentiel commercial, à condition de respecter les exigences documentaires. « Le Cameroun, à ce jour, peut exporter 100 % des produits en Chine sans que les importateurs chinois n’aient à payer les droits de douane », a indiqué Sedar Denis Kalameu, directeur de la Promotion et de la Coopération à la CCIMA.
La preuve d’origine constitue donc un maillon déterminant. « Pour pouvoir bénéficier de ce tarif, il faut bien montrer l’origine du produit, parce que cette préférence a été signée uniquement pour 53 pays », a-t-il expliqué.
Le nouveau dispositif dématérialise le circuit. L’opérateur introduit sa demande sur la plateforme, la CCIMA l’examine et délivre le certificat, avant sa transmission au système douanier chinois. Un responsable de la GACC a rappelé que ce document doit accompagner la déclaration en douane, son absence pouvant entraîner la retenue des marchandises.
Pour Halidou Bello, secrétaire général de la CCIMA, la priorité dépasse la seule maîtrise de l’outil numérique. « L’existence d’une préférence tarifaire, aussi importante soit-elle, ne suffit pas à elle seule à garantir l’accès effectif des produits au marché bénéficiaire », a-t-il déclaré. La Chambre veut ainsi former les entreprises et les commissionnaires agréés en douane, sécuriser la certification et clarifier les responsabilités afin de réduire les délais et les coûts.
La CCIMA entend également renforcer la lisibilité institutionnelle de la procédure. Elle rappelle que la délivrance des certificats d’origine relève de ses compétences, conformément à l’article 10 du décret n° 2001/380 du 27 novembre 2001. Des délivrances attribuées à d’autres structures ont été signalées comme des cas « isolés ». Pour Halidou Bello, ces pratiques « doivent être évitées et, le cas échéant, cessées ».
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