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Roger Mbassa Ndine : « Nous ne toucherons pas une emprise sans avoir traité la situation de ceux qui y vivent »

Julie Bilo’o7 septembre 2026Mis à jour le 7 septembre 2026Temps de lecture 6 min
Roger Mbassa Ndine : « Nous ne toucherons pas une emprise sans avoir traité la situation de ceux qui y vivent »
L'ECONOMIE

Le Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD) entre dans une nouvelle phase avec la signature des premiers marchés de travaux et le lancement des procédures pour les ouvrages suivants. Alors qu’une restructuration financière est attendue d’ici à fin septembre 2026, le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, revient dans cette interview avec L’Economie, sur l’état d’avancement du projet, les 104,6 milliards de FCFA de besoins de financement complémentaire, le choix du système BRT et les prochaines échéances. 

Vous venez de vous réunir pour faire le point sur le Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD). Qu’est-ce qu’il faut retenir à ce stade ?

Le Comité de pilotage s’est réuni le 13 août 2026 pour examiner l’exécution du Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD) au terme du premier semestre et arrêter en conséquence les orientations pour le second semestre. Il en est ressorti trois points clés :

Premièrement, un constat : le Projet est résolument sorti de sa phase de préparation. Le contrat des travaux de la première phase des voies de rabattement a été signé le 24 juillet 2026, et l’appel d’offres pour la seconde phase de travaux est en cours. Les entreprises soumissionnaires devront déposer leurs offres techniques et financières au plus tard le 14 septembre prochain.

Ensuite, le Comité de pilotage a validé le plan de travail et budget annuel actualisé et le calendrier qui l’accompagne, qui s’appuie sur la prise en compte de données et d’informations utilement mises à jour.

Enfin, le Comité a donné le mandat de conduire, avec nos partenaires ; notamment la Banque mondiale, la revue de restructuration prévue en septembre, et qui constitue une étape normale dans la vie d’un projet de cette envergure.

Certaines sources indiquent que la session du Comité de Pilotage qui vient de se tenir a fait ressortir un déficit budgétaire de 104,6 milliards de FCFA.  Qu’en est-il exactement ?

Vous savez, en matière de projet, je préfère parler de besoin de financement complémentaire, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Voyez-vous, il faudrait rappeler qu’initialement, le Projet a été conçu sur un périmètre donné. Les Très Hautes Instructions reçues du Chef de l’État ont prescrit une augmentation substantielle du volume des voies urbaines à réhabiliter — soixante- six kilomètres supplémentaires. Quand on ajoute soixante-six kilomètres de voies à un projet, le besoin de financement augmente évidemment. C’est arithmétique, et c’est assumé.

La revue à mi-parcours du PMUD, conduite en mars et avril 2026 avec la Banque mondiale, a tiré entre autres points majeurs, les conséquences de l’impact financier ainsi induit, et c’est à ce titre qu’il a été programmé une restructuration, que je vous évoquais en entame de cet échange. Cette revue de restructuration se tiendra bien en fin septembre 2026, et c’est précisément le moment prévu pour ce type d’ajustement technico-financier.

Un certain nombre d’options s’offrent pour l’infrastructure du Bus Rapid Transit (BRT) à construire. On parle de « light » ou de « lourd ». Laquelle a vos faveurs ?

La faveur de la Communauté Urbaine de Douala (CUD) va au système qui desservira le mieux les Doualais, dans les délais les plus courts. La question technique est instruite en ce moment même par nos équipes, en collaboration avec la Banque mondiale et avec l’appui de la Société Financière Internationale, dans le cadre de la finalisation de l’étude de faisabilité du système BRT. Il serait donc complètement prématuré, voire insensé, de trancher avant l’achèvement de cette étude, en novembre 2026 en proposant les différents scénarios techniques adaptés aux disponibilités budgétaires et financières.

En réalité, l’exigence de doter Douala d’un transport de masse structurant et aux standards relevés, est une priorité convenue jusqu’au niveau national et donc, celle-ci ne procède plus d’une discussion. Le reste, modalités, approches et enveloppes, par contre, relève de l’ingénierie.

À date, pour ne pas revenir sur ce que vous avez dit plus haut, où en est-on dans la mise en œuvre de ce projet qui a démarré en 2024 ?

Comme je vous l’ai précédemment dit, sur les voies de rabattement, qui sont la partie la plus immédiate du système BRT pour les habitants : le contrat de la première phase, 12,594 kilomètres, a été signé le 24 juillet 2026. La seconde phase, 66,796 kilomètres en trois lots, est en appel d’offres, les offres sont attendues en mi- septembre et les perspectives de signature de ces contrats nous situent au mois de novembre 2026.

En ce qui concerne les préalables sociaux, les deux plans d’action de réinstallation ont été contractualisés en mai dernier et sont en cours d’exécution. Nous ne toucherons pas une emprise sans avoir traité la situation de ceux qui y vivent où y travaillent. S’agissant du foncier : les négociations avancent plutôt bien sur les sites destinés aux centres d’exploitation et de maintenance des bus, dont celui de Yassa qui est sécurisé à date.

Quelles sont les prochaines actions à engager pour accélérer la transformation de la mobilité urbaine dans la ville ?

Sans ambages, il s’agira : de la revue de restructuration de septembre, qui fixera le cadre financier et calendaire jusqu’au terme du Projet ; du démarrage effectif des travaux de la première phase au mois d’octobre 2026, dès la fin de la saison des pluies ; de la contractualisation et la mobilisation des entreprises et de la maîtrise d’œuvre au mois de novembre 2026 pour la seconde phase de travaux ; et de l’aboutissement de l’étude de faisabilité du Système BRT envisagé, y compris avec la validation par le CARPA de l’approche de partenariat public-privé qui sera adoptée.

A cela, j’ajoute un chantier moins spectaculaire mais décisif : l’aménagement des aires de stationnement des mototaxis, dont le design a été validé en juin avec les acteurs concernés. Voyez-vous, c’est de l’urbanisme du quotidien, et cela change la vie des gens.

Certaines nouvelles constructions (hôtels, commerces) à Akwa et Bassa sont marqués depuis quelques jours par des écriteaux peints en rouge « BRT » et on s’interroge sur le coût des indemnisations ou l’ampleur des démolitions. Comment pouvez-vous empêcher ces nouvelles constructions dans l’emprise du projet ?

Il y a tout d’abord lieu de s’interroger sur la régularité de ces implantations car les services chargés de la délivrance des actes d’urbanisme procèdent toujours à des vérifications sur les emprises du PMUD avant d’en octroyer dans les zones traversées.

Pour empêcher de nouvelles constructions les services techniques vont continuer les actions de veille qui avaient précédemment été menées d’une part pour sensibiliser les riverains sur l’effectivité du PMUD et ses impacts potentiels, d’autre part pour procéder à l’arrêt des chantiers en cours en invitant leurs promoteurs à se rapprocher des services compétents de la CUD pour solliciter une vérification de leur implantation par rapport à l’emprise du Projet.

Peut-on être rassuré aujourd’hui sur la réalisation effective, dans les prochaines années, du BRT de Douala ?

Un projet d’infrastructure de cette taille ne saurait se juger sur une simple année. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a aujourd’hui des marchés signés, des entreprises attributaires, un calendrier partagé avec nos partenaires et une organisation renforcée pour le conduire. Ce sont des faits, et non des intentions.

Il reste des étapes exigeantes, et je ne vais pas prétendre le contraire. Mais la Ville de Douala a fait le choix de ce projet, l’État l’a porté au plus haut niveau, la Banque mondiale l’accompagne. Nous le mènerons.

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Tags :Actualité du CamerounPMUDProjet de Mobilité Urbaine de DoualaRoger Mbassa Ndine
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