Dépenses publiques : Le Cameroun passe de 7,5% à 2,8% de croissance en 2025

La consommation finale des administrations publiques a fortement ralenti en 2025, tandis que l’investissement public s’est contracté de 0,2%. En 2026, l’État prévoit de relancer la dépense avec un budget en hausse de 14%, au prix d’un déficit projeté à 1,7% du PIB.
La dépense publique de consommation a nettement ralenti en 2025. Le rapport « Les Comptes Nationaux de 2025 » de l’Institut national de la statistique (INS) indique que « les dépenses de consommation finale des administrations publiques progressent de 2,8% en 2025, après 7,5% en 2024 ». Leur contribution à la croissance tombe ainsi à 0,3 point, contre 0,8 point un an plus tôt. L’investissement public suit la même trajectoire, avec une contraction de 0,2%, après une progression de 18,8% en 2024.
Ce coup de frein intervient au terme de la phase la plus contraignante du programme conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon la Direction générale du Trésor français, le déficit budgétaire global, dons inclus, s’est établi à -0,8% du PIB en 2025, contre -1,5% en 2024, sous l’effet notamment de la quasi-suppression des subventions aux hydrocarbures. Leur enveloppe est passée de 640 milliards de FCFA en 2023 à 263 milliards en 2024, puis à seulement 15 milliards en 2025, soit une baisse de 94% en deux ans.
Le FMI confirme l’amélioration des équilibres, tout en soulignant la contrainte persistante du service de la dette. Celle-ci reste modérée, à 43% du PIB, mais son service devrait absorber environ 17% des recettes fiscales au cours des trois prochains exercices. Cette charge réduit la marge de manœuvre de l’État et pourrait limiter sa capacité à soutenir la dépense.
La consolidation budgétaire apparaît toutefois comme une séquence temporaire. Le projet de loi de finances 2026, déposé le 26 novembre 2025 par le ministre Louis Paul Motazé, prévoit un budget en hausse de 14%, à 8 816,4 milliards de FCFA. La Direction générale du Trésor anticipe déjà un déficit de 1,7% du PIB, marquant une rupture avec la trajectoire observée pendant le programme avec le FMI.
Le changement de rythme est d’autant plus visible que l’investissement public a évolué en dents de scie ces dernières années. Après une contraction de 16,6% en 2023, il avait rebondi de 18,8% en 2024 avant de reculer légèrement en 2025. Cette volatilité traduit les difficultés persistantes d’exécution des dépenses d’investissement et la sensibilité de l’effort public aux arbitrages budgétaires.
Pour 2026, l’État entend néanmoins réaccélérer sur ce volet. Le budget prévoit 2 026,3 milliards de FCFA d’investissements publics, avec une priorité affichée aux infrastructures routières et énergétiques. Après une année de consolidation, l’enjeu sera donc de concilier cette relance de la dépense avec la maîtrise du déficit et le poids croissant du service de la dette. Le Trésor français note que, hors les dérapages associés à l’élection présidentielle d’octobre 2025, le déficit global et le solde primaire hors pétrole « se sont sensiblement améliorés au cours des dernières années ». La trajectoire demeure favorable, mais elle dépend de la capacité des autorités à maintenir ces efforts dans la durée, désormais.
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