Kribi : Comment les autorités sanitaires tentent de contenir l’épidémie du MPOX

À une semaine de la rentrée scolaire, marquée par une forte mobilité des populations à travers le pays, le spectre de l’épidémie de MPOX revient dans le débat. À Kribi, l’un des foyers de contamination, une vingtaine de cas positifs ont été officiellement déclarés. Sur place, les équipes médicales assurent que la situation reste sous contrôle.
1,60 m à peine. Mais les responsabilités confiées au docteur Domo Joséline sont bien plus grandes. Médecin dermatologue-vénérologue, elle dirige l’unité de prise en charge du MPOX dans le district de santé de Kribi. Depuis l’apparition des premiers cas, elle suit l’évolution de la situation épidémiologique et assure le suivi thérapeutique des patients confirmés.
Vendredi 28 août 2026. La pluie s’abat sur Kribi. Dans le pavillon VIP offert à l’hôpital régional annexe par une entreprise citoyenne, une silhouette vêtue d’une combinaison blanche avance dans un long couloir. « C’est ici que se trouvent les salles d’isolement », indique le docteur Domo, une ordonnance à la main. Une seule salle est alors occupée. Un patient reste sous observation.
L’unité de prise en charge a accueilli « jusqu’ici une vingtaine de cas positifs », explique la responsable. Pour elle, « la situation n’est pas alarmante. Elle reste contrôlable ». Le dispositif repose sur une prise en charge rapide dès qu’un cas suspect est identifié.
« Lorsque le patient arrive à l’hôpital régional annexe de Kribi ou dans un autre centre de santé, notamment à Afan-Mabé, et que l’on soupçonne un cas de MPOX, il est pris en charge immédiatement », précise-t-elle. Selon la spécialiste, les patients suivis sont, après 21 jours, en bon état et sans séquelles.
Une prise en charge gratuite
La durée de prise en charge de 21 jours avait été recommandée par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, lors de sa visite de travail à Kribi au début du mois d’août.
Paul M., ancien patient de l’unité de prise en charge de l’hôpital régional annexe, en a fait l’expérience. Après environ trois semaines de séjour, il a recouvré la santé. Il assure n’avoir déboursé « un seul sou ».
La reprise des classes est prévue le 7 septembre. Cette période s’accompagne généralement d’une augmentation des déplacements à travers le pays. Les établissements scolaires, où se côtoient de nombreux élèves et personnels, constituent ainsi des lieux où la vigilance reste nécessaire.
À Kribi, le corps médical se veut toutefois rassurant. « Il n’y a pas de soucis à se faire au niveau de la population. Pour la rentrée qui arrive, nous pouvons affirmer que nous sommes prêts, parce qu’il s’agit d’une pathologie que nous maîtrisons parfaitement. Les équipements sont également prêts et le traitement marche très bien », assure le docteur Domo.
La spécialiste estime également que « le MPOX n’est pas une maladie dangereuse quand elle est encadrée par un médecin ». La surveillance ne s’arrête pas à la sortie des patients. « Le suivi de la liste des contacts des malades est assuré par l’unité d’enquête épidémiologique, qui peut rester en place six mois après la fin de l’épidémie », explique le docteur Romuald Hentchoya, directeur de l’hôpital régional annexe de Kribi. Il coordonne les opérations avec le préfet de l’Océan, Bouba Haman.
Comment reconnaître le MPOX ?
Encore appelé variole du singe, le MPOX peut se manifester initialement par un syndrome grippal. Maux de tête, fièvre, frissons, fatigue et douleurs musculaires figurent parmi les premiers symptômes. Ces signes peuvent être confondus avec ceux du paludisme. Une toux peut également apparaître chez certains patients.
Après quelques jours, généralement autour d’une semaine, des lésions cutanées apparaissent. Les spécialistes recommandent de se rendre dans une formation sanitaire en présence de « boutons sur le corps précédés de fièvre ».
Le MPOX a été identifié pour la première fois chez l’homme en 1970 en République démocratique du Congo. Au Cameroun, deux souches circulent de manière endémique depuis les années 1970. La transmission survient principalement lors d’un contact étroit avec une personne malade ou, plus rarement, avec un animal infecté.
Dans le Sud, où Kribi a enregistré des cas actifs aux côtés de Niété et d’Ebolowa, des vaccins ont été déployés pour les contacts et le personnel exposé. Aucun décès n’a été signalé dans la région.
À Kribi, le dispositif repose désormais sur l’isolement des cas, leur prise en charge et la surveillance des contacts. À quelques jours de la rentrée scolaire, les autorités sanitaires maintiennent ainsi leur dispositif de vigilance.
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