Financements extérieurs : Les obstacles qui ralentissent l’exécution des projets au Cameroun
PremiumSur 130 projets évalués, 30 sont classés « Très préoccupants », avec un ratio entre le taux d’exécution et le taux de consommation des délais inférieur à 0,3.
La mise en œuvre des projets à financement extérieur reste confrontée à d’importantes contraintes au Cameroun. Sur les 130 projets évalués, 30 sont classés dans la catégorie « Très préoccupant », tandis que 19 sont jugés performants, 23 peu performants et 39 « préoccupants ». Dix-neuf autres projets n’ont pu être classés, faute d’informations suffisantes pour procéder…
Sur 130 projets évalués, 30 sont classés « Très préoccupants », avec un ratio entre le taux d’exécution et le taux de consommation des délais inférieur à 0,3.
La mise en œuvre des projets à financement extérieur reste confrontée à d’importantes contraintes au Cameroun. Sur les 130 projets évalués, 30 sont classés dans la catégorie « Très préoccupant », tandis que 19 sont jugés performants, 23 peu performants et 39 « préoccupants ». Dix-neuf autres projets n’ont pu être classés, faute d’informations suffisantes pour procéder à leur évaluation.
Les projets considérés comme « Très préoccupants » nécessitent, selon le rapport, « une attention particulière aussi bien au niveau de la programmation budgétaire qu’au niveau du suivi de l’exécution, de façon à faciliter leur mise en œuvre ».
Plusieurs facteurs expliquent ces contreperformances. Ils concernent notamment les lourdeurs dans la passation des marchés et l’obtention des Avis de non-objection (ANO) auprès des bailleurs, les retards de démarrage liés à la mise en vigueur tardive ou à la restructuration administrative des projets, ainsi que les déficits ou retards dans la mobilisation des Fonds de contrepartie (FCP). À ces contraintes s’ajoutent des facteurs liés au contexte national, notamment l’insécurité, les conditions climatiques et les tensions sociales ou foncières.
La passation des marchés ralentit plusieurs projets
Une première catégorie regroupe les projets actifs fortement ralentis par les procédures administratives, qu’elles relèvent des bailleurs ou des structures nationales. Ces délais peuvent entraîner des blocages dans la signature des contrats ou le paiement des prestations.
Huit projets sont concernés, soit 28,57 % du portefeuille de cette catégorie. Parmi eux figurent le PCADY, confronté à de longs délais de passation des marchés et d’approbation réglementaire, ainsi que le projet routier Bingambo-Grandzambi, affecté par l’obtention tardive des non-objections sur le DAO et un recours contentieux auprès de l’ARMP, qui a bloqué l’attribution du marché.
Le projet PARZIK, dans la zone industrielle de Kribi-Lolabé-Campo, est également concerné. La reprise des études, consécutive à des changements d’options techniques, a retardé le lancement des marchés.
Pour réduire ces délais, le rapport préconise notamment de renforcer les capacités des commissions locales de passation des marchés, en leur accordant les ressources humaines et financières nécessaires. Il recommande également de tenir compte des capacités réelles des entreprises candidates et de mieux encadrer les délais de traitement des Avis de non-objection.
Les fonds de contrepartie sous tension
La mobilisation des Fonds de contrepartie de l’État (FCP) constitue un autre facteur de ralentissement. Les projets concernés représentent 25 % des projets confrontés à des difficultés identifiées. Les tensions de trésorerie, les sous-estimations budgétaires, la complexité du mécanisme de « Basket Fund » ou encore la non-prise en charge de la TVA figurent parmi les facteurs évoqués.
Sept projets sont concernés. Il s’agit notamment du Programme élargi de vaccination (PEV), du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP 1 et 2) et du projet de riposte à la Covid-19. Pour ce dernier, la lenteur de la procédure d’approvisionnement du compte dédié auprès de la BEAC a conduit l’État à intervenir par des dotations d’urgence qui, selon le rapport, n’ont pas encore été restituées.
Le projet de construction de 10 000 logements sociaux est également cité. Il n’aurait pas respecté les directives présidentielles relatives au transfert direct des FCP à la SIC, entraînant un blocage du paiement des missions de contrôle.
Des retards dès le démarrage
Certains projets sont par ailleurs ralentis avant même leur pleine mise en œuvre. Les conventions non signées, l’absence d’experts ou encore les révisions successives constituent autant de facteurs de retard.
Le Projet de mobilité urbaine de Douala, qui a fait l’objet d’une reconfiguration complète, figure parmi les projets concernés. Le Projet d’interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad (Pirect) connaît également une restructuration, accompagnée de variations des coûts des équipements.
Sont également cités le Programme de lutte contre les inondations, le projet de construction, d’extension et de modernisation des systèmes d’adduction d’eau potable de Douala-Japoma, le projet de reconfiguration du réseau de distribution d’eau potable de Yaoundé et le projet d’aménagement de la route Kumba-Mamfe.
À ces contraintes s’ajoutent les effets de l’insécurité et des conditions climatiques sur plusieurs projets, notamment la Ring Road, le projet VIVA Bénoué et le PACRI.
Un besoin de financement supérieur aux prévisions
Ces difficultés interviennent alors que les besoins de décaissement sur ressources extérieures restent élevés. Pour le triennat 2027-2029, les projections font état d’un besoin de 3 804 milliards de FCFA, contre un plafond prévisionnel de 2 891 milliards de FCFA, soit un écart de 913 milliards de FCFA.
Le secteur des infrastructures concentre une part importante de ces besoins. Pour la seule année 2027, il nécessiterait 1 254 milliards de FCFA, alors que le plafond prévisionnel des décaissements est établi à 925 milliards de FCFA.
Le rapport des travaux de la Conférence de programmation des décaissements sur les projets à financements extérieurs 2027-2029 met ainsi en évidence un double enjeu : améliorer la capacité d’absorption des financements déjà disponibles et réduire l’écart entre les besoins de décaissement et les ressources effectivement programmées.
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