Extrême-Nord : L’extension de la centrale solaire de Maroua toujours freinée par le foncier

Lancé en septembre 2025, le chantier de Maroua II reste confronté à des difficultés de libération des emprises. Près de sept ans après la déclaration d’utilité publique du site, la persistance des occupations soulève des questions sur la préparation foncière du projet.
L’extension de la centrale solaire de Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord, se heurte à des difficultés foncières qui menacent le calendrier des travaux. Lors d’une visite sur le site, le gouverneur de la région, Midjiyawa Bakari, a constaté la présence de constructions et d’activités commerciales sur des parcelles réservées au projet. Une situation qui retarde la mise à disposition de certaines emprises nécessaires aux aménagements.
Selon les informations rapportées à l’issue de cette descente, une partie des terrains relève du domaine privé de l’État. D’autres sont occupés par des riverains qui, d’après les autorités, auraient déjà bénéficié de mesures d’indemnisation sans avoir libéré les lieux. Ces constats ne permettent toutefois pas de connaître le nombre de personnes concernées, les montants versés ni les éventuels différends encore en suspens.
Le problème intervient alors que le chantier d’extension a été officiellement lancé le 15 septembre 2025 par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Le projet prévoit d’ajouter 19,8 MWc de capacité solaire à Maroua, portant la puissance de la centrale de 17,9 à 37,7 MWc, avec un système de stockage par batteries.
Un problème foncier qui ne date pas d’hier
La difficulté n’est pas nouvelle. Dès 2019, le site avait fait l’objet d’une procédure de déclaration d’utilité publique pour permettre la construction de la centrale initiale. En 2020, la présence de riverains sur le terrain constituait déjà un obstacle au calendrier annoncé pour le projet.
La persistance de ces occupations pose ainsi la question de l’anticipation des contraintes foncières avant le lancement des travaux. Si des indemnisations ont effectivement été versées à certains occupants, la libération complète du terrain aurait dû faire l’objet d’un suivi rigoureux afin de limiter les risques de retard sur un chantier destiné à renforcer l’approvisionnement électrique du nord du pays.
L’enjeu dépasse le seul chantier de Maroua. Avec l’extension de la centrale de Guider, le programme prévoit une capacité solaire additionnelle de 28,6 MWc et 19,2 MWh de stockage. Ces installations doivent contribuer à améliorer la disponibilité de l’électricité dans le Réseau interconnecté Nord.
À ce stade, les autorités n’ont pas communiqué de calendrier précis de reprise des travaux sur les emprises concernées, ni de date actualisée de mise en service. La visite du gouverneur traduit la volonté de débloquer la situation, mais elle ne suffit pas à établir que les obstacles fonciers sont levés.
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