Axe Douala-Yaoundé : Le transport routier enregistre plus de 15 % de surcoût pour les entreprises

La dégradation du principal corridor économique national pèse lourdement sur les bilans des opérateurs. À l’occasion de la reprise du dialogue public-privé à Douala, le patronat a interpellé le gouvernement sur la nécessité d’interventions d’urgence pour réduire les délais d’acheminement et préserver les marges opérationnelles.
Six à huit heures pour relier Douala à Yaoundé, jusqu’à dix heures pour atteindre Bafoussam : la dégradation du réseau routier s’impose comme une contrainte économique majeure pour les entreprises camerounaises. À l’ouverture de la 12e session du Cameroon Business Forum (CBF), jeudi 22 octobre 2026 à Douala, Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), a placé l’état des routes au cœur de son intervention devant le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.
Le patronat dénonce notamment la dégradation de la nationale n°3 et les difficultés de circulation sur plusieurs axes stratégiques, dont Douala-Yaoundé, Douala-Bafoussam et Édéa-Kribi. Pour les opérateurs économiques, ces conditions allongent les délais de livraison, augmentent les dépenses de carburant et d’entretien des véhicules, et compliquent la planification logistique.
Selon les chiffres avancés par Célestin Tawamba, les coûts de transport ont augmenté de 11,5 % en 2023, puis de 12,3 % en 2024, avant de dépasser 15 % en 2025. « Une route dégradée est un impôt. Un impôt que nul n’a voté, que personne ne recouvre, mais que tout le monde paie », a-t-il déclaré. Cette charge supplémentaire pèse sur les marges des entreprises et peut se répercuter sur les prix des marchandises.
Le défi de l’exécution des engagements
Face à ces critiques, Joseph Dion Ngute a défendu les orientations économiques du gouvernement, en évoquant notamment la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), la montée en puissance du barrage de Nachtigal et les mesures destinées à stimuler l’investissement. Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité de faire du CBF un mécanisme débouchant sur des résultats concrets, mesurables et évaluables par les entreprises.
Pour le GECAM, la question dépasse toutefois le diagnostic. L’organisation patronale attend une exécution plus rapide des engagements publics, alors que les difficultés de transport s’ajoutent aux contraintes énergétiques et aux problèmes d’accès au financement. L’amélioration des infrastructures constitue également une condition pour permettre aux entreprises camerounaises de tirer parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La session du CBF intervient après plusieurs années sans réunion de cette plateforme de dialogue public-privé, dont la précédente session s’était tenue en octobre 2020. L’enjeu est désormais de traduire les recommandations en décisions assorties de responsabilités et d’échéances. Pour les entreprises, la crédibilité du dialogue dépendra moins des engagements formulés que de l’évolution concrète des conditions de circulation et des coûts logistiques.
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