Cameroun : Les importations de services bondissent de 24,2 % en 2025

Le Cameroun consomme davantage de services numériques et financiers venus de l’étranger. En 2025, leurs importations ont fortement progressé, alors que les exportations de services restent limitées par une base encore modeste.
Le débat public sur le commerce extérieur camerounais reste centré sur les marchandises. Mais en 2025, la facture s’est surtout alourdie du côté des services importés. Le rapport « Les Comptes Nationaux de 2025 » de l’Institut national de la statistique (INS) relève que « Les importations de biens et services augmentent de 5,1% en 2025, après une baisse de 2,9% en 2024. Cette hausse est portée à la fois par les importations de biens (2,3%) et surtout par les importations de services (24,2%). »
L’écart est important. Pendant que les achats de marchandises progressent modérément, les services venus de l’étranger augmentent de près d’un quart en un an. Cette évolution pèse sur la croissance. « Les importations contribuent négativement à la croissance du PIB à hauteur de 1,0 point, contre une contribution positive de 0,6 point en 2024 », précise l’INS.
Le détail par produit, fourni en annexe du rapport, montre où se concentre cette poussée. Les importations de « services d’information et de communication » passent de 161,5 à 196 milliards de FCFA entre 2024 et 2025. Celles de « services financiers et d’assurance » bondissent de 57,5 à 104,2 milliards, soit une progression de plus de 80% en une seule année.
Cette progression intervient alors que le secteur tertiaire national affiche lui aussi une croissance tirée par ces mêmes branches. Le rapport souligne que « les principales branches de services ayant contribué à cette dynamique sont : l’information et communication (10,3% après 8,2%), les activités financières (9,2% après 9,6%) ». Le Cameroun consomme donc davantage de services numériques et financiers, mais une part croissante de cette demande semble être facturée depuis l’étranger : hébergement cloud, licences logicielles, réassurance ou expertise financière importée.
Les exportations camerounaises de services progressent elles aussi, de 21% selon le rapport, « après -21,8% » en 2024. Elles partent toutefois d’une base modeste, à 1 214,6 milliards de FCFA en 2025. L’écart se creuse ainsi, tandis que le solde global des échanges extérieurs « contribue négativement de 0,8 point à la croissance du PIB, contre -0,2 point en 2024 », note l’INS.
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