Coût du crédit : Renchérissement net des taux pour les grandes entreprises équato-guinéennes

Les données de la Banque centrale révèlent une forte augmentation des engagements en faveur du secteur productif. Un trio d’établissements de crédit monopolise la quasi-totalité des flux au détriment des acteurs de second rang.
En Guinée équatoriale, les nouveaux crédits accordés par les banques ont atteint 72,6 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 50,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 44,31 %. Cette évolution intervient après un premier trimestre marqué par un volume de 118,9 milliards de FCFA. D’un trimestre à l’autre, les nouveaux financements ont ainsi reculé de 38,97 %, selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Le nombre de dossiers de crédit recensés est, lui aussi, en hausse sur un an. Il s’établit à 7 339 au deuxième trimestre 2026, contre 5 673 à la même période en 2025, soit une progression de 29,37 %. Cette augmentation du nombre de dossiers accompagne la hausse des montants financés, sans toutefois effacer le repli observé par rapport au trimestre précédent.
La répartition des nouveaux crédits entre les établissements bancaires reste fortement concentrée. BANGE conserve la première place, avec 42,20 % du marché au deuxième trimestre 2026, contre 68,73 % un an auparavant. Sa part recule donc de 26,53 points de pourcentage. Dans le même temps, Vista Bank Group progresse de 13,86 % à 36,52 %, soit un gain de 22,66 points. BGFIBank renforce également sa position, sa part passant de 7,18 % à 14,31 %, en hausse de 7,13 points.
À elles trois, ces banques représentent ainsi 93,03 % des nouveaux crédits accordés au cours du trimestre. Les autres établissements occupent des positions plus limitées. CCEI Bank voit sa part passer de 8,71 % au deuxième trimestre 2025 à 6,19 % un an plus tard. Ecobank recule également, de 1,52 % à 0,78 %. Ces évolutions traduisent une recomposition des parts de marché entre les principaux prêteurs, sans remettre en cause la forte concentration de l’activité.
Les entreprises absorbent l’essentiel des financements
Les entreprises constituent la principale catégorie de bénéficiaires des nouveaux crédits. Elles captent 56,1 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 30,1 milliards un an auparavant. Leur part atteint 77,28 % du total. Les grandes entreprises concentrent à elles seules 46,4 milliards de FCFA, soit 63,92 % des nouveaux crédits, contre 24,2 milliards au deuxième trimestre 2025.
Les petites et moyennes entreprises (PME) obtiennent 9,7 milliards de FCFA, contre 5,9 milliards un an plus tôt. Les particuliers, pour leur part, reçoivent 15 milliards de FCFA, un montant presque stable par rapport aux 14,8 milliards enregistrés au deuxième trimestre 2025. Les administrations publiques voient leurs financements diminuer, passant de 3,9 milliards à 1,4 milliard de FCFA. Les autres catégories d’emprunteurs ne représentent qu’environ 0,1 milliard de FCFA.
La progression des volumes de crédit profite donc principalement aux entreprises, notamment aux grandes structures. Cette répartition doit être rapprochée du coût des financements, qui varie sensiblement selon la catégorie d’emprunteurs.
Un coût du crédit en hausse sur un an
Le taux effectif global (TEG) moyen s’établit à 13,82 % au deuxième trimestre 2026, contre 12,33 % à la même période en 2025. Il augmente ainsi de 149 points de base sur un an. Il reste toutefois inférieur de 363 points de base à son niveau du premier trimestre 2026.
Les grandes entreprises bénéficient d’un TEG moyen de 12,36 %, contre 9,26 % un an plus tôt, soit une hausse de 310 points de base. Le taux appliqué aux PME atteint 18,57 %, contre 17,45 % au deuxième trimestre 2025, en progression de 112 points de base. Par rapport au premier trimestre 2026, le coût du crédit aux grandes entreprises recule néanmoins de 528 points de base, tandis que celui des PME augmente de 316 points de base.
Pour les particuliers, le TEG moyen ressort à 16,19 %, en baisse de 118 points de base sur un an. Les administrations publiques bénéficient d’un taux de 4 %, contre 8,88 % au deuxième trimestre 2025.
Les frais et commissions représentent également une composante importante du coût total des financements. Ils équivalent à 27,96 % du TEG moyen. Cette proportion atteint 34,01 % pour les grandes entreprises, 30,73 % pour les PME, 23,21 % pour les particuliers et 18,83 % pour les administrations publiques.
Les crédits à court terme restent majoritaires
La structure des échéances confirme la prédominance des financements à court terme. Ceux-ci représentent 60,08 % des nouveaux crédits accordés au deuxième trimestre 2026. Les crédits à moyen terme pèsent 29,50 % du total, tandis que les financements à long terme ne comptent que pour 10,43 %.
Cette répartition renseigne sur la durée des engagements bancaires au cours du trimestre. Elle montre que les financements à court terme occupent la première place, alors que les crédits à long terme représentent une fraction plus réduite des nouveaux concours.
Au deuxième trimestre 2026, le marché équato-guinéen du crédit combine ainsi une progression des montants accordés sur un an, une concentration élevée des parts de marché et des évolutions contrastées des taux selon les emprunteurs. Les grandes entreprises concentrent la majorité des financements, mais leur coût moyen du crédit demeure supérieur à celui observé un an auparavant.
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